Biographies des héros spirituels de la terre de Géorgie, moniales, moines, ascètes, martyrs, clercs ou laïcs qui ont fait briller sur elle la Lumière du Christ!

mardi 18 octobre 2016

Vénérables Pères et les Mères du désert de Klarjeti (du 8è au 10e siècle)


Mémoire 5/18 octobre

Pendant des siècles, la région de Tao-Klarjeti dans le sud-ouest de la Géorgie était connue pour sa sainteté, son unité et sa force spirituelle. La vie culturelle et la foi de Kartli furent presque éteintes par la domination arabo-musulmane du 8e au 10e siècle. La région de Tao-Klarjeti, cependant, qui avait été vidée par une épidémie de choléra et à la suite des invasions islamiques, s'emplit de nouvelles églises et monastères, devenant une destination pour de nombreux ascètes chrétiens. Saint Euthyme (Ekvtime) Taqaishvili écrit que "Chaque monastère comprenait une école et un séminaire où la foi chrétienne, la philosophie, le grec et d'autres langues étrangères, le chant, la calligraphie, les arts plastiques, la fabrication de bijoux, et d'autres disciplines étaient enseignées. D'innombrables prêtres, traducteurs, miniaturistes, et des orfèvres ont développé leur métier dans ces écoles."

Les prières des moines de Tao-Klarjeti se multiplièrent et s'élevèrent vers le ciel comme un encens sacré. Des ouvrages hagiographiques furent écrits, des hymnes originaux furent composées, et des textes théologiques traduits. La littérature de cette période était complètement imprégnée de l'esprit du peuple géorgien. Tao-Klarjeti revigora l'âme du peuple géorgien et dirigea à nouveau les égarés vers le chemin de la vérité.

Saint Grégoire (Grigol) de Khandzta, prêtre de grande vertu et sagesse, fut le fer de lance de ce renouveau spirituel. C'était un bon berger pour son troupeau, et le constructeur de nombreuses églises. Les Vies de saint Grégoire de Khandzta et des autres saints pères et mères de Tao-Klarjeti sont racontées dans l'œuvre de saint Georges (Georgi) de Merchule intitulée La Vie de saint Grégoire de Khandzta. Georges Merchule œuvra dans le désert de Khandzta au 10ème siècle. Son surnom, "Merchule", signifie "le Théologien", ou littéralement, "celui qui connaît la loi."

Georges Merchule a également donné à l'Eglise la Vie du Saint Catholicos  Nerse III, Arménien par filiation. Nerse confessa la foi orthodoxe et œuvra dans le Tao-Klarjeti avec les pères géorgiens. (A cette époque, de nombreux Arméniens orthodoxes avaient fui vers Tao-Klarjeti après avoir été exilés de leur patrie.) Dans la première moitié du 7e siècle saint Nerse établit les fondations de l'église d'Ishkhani et y œuvra dans la sainteté.

Le saint Catholicos Hilarion  fut le fondateur et higoumène de l'église de Tsqarostavi et disciple de Grégoire de Khandzta. Il arriva au monastère de Khandzta avec son père spirituel, saint David (Davit), higoumène du monastère de Midznadzori, et saint Zacharie, constructeur de l'église de Beretelta. Ceux qui furent témoins de l'unité des pères et de leur piété, abandonnèrent le monde pour se joindre à eux pour offrir leur vie à Dieu. Au milieu du 9e siècle Hilarion fut intronisé en tant que Catholicos de Kartli en reconnaissance de sa sagesse et de sa sainteté. Il suivit Gabriel II (vers 830-850) et fut remplacé par Arsène I "le Grand" (vers 860-887) dans ce rôle très honorable.

Saint Stéphane (Stépane) de Tbeti, fut le premier évêque de Tbeti. C'était un grand écrivain et hagiographe de l'Eglise de son temps et une figure brillante de l'école littéraire de Tao-Klarjeti. Saint Stéphane est crédité de création du récit Le Martyre de Saint Gobron.

Dès son enfance, saint Zacharie (Zakaria) d'Anchi était rempli d'amour et de crainte de Dieu. Strict dans sa discipline, mais libre de toute contrainte de ce monde, il mena la vie d'un berger comme saint David le Psalmiste. Quand il était enfant, saint Zacharie rassemblait ses amis et leur rapportait avec précision les mots et les scènes dont il avait été témoin dans les églises et les monastères. Un jour, l'évêque d'Anchi observait ce passe-temps inhabituel et il rapporta avoir vu une colonne de lumière descendre des cieux et illuminer le sommet de la tête de saint Zacharie.

Quand il atteignit l'âge mûr, saint Zacharie devint le chef spirituel de ses frères. Grâce à ses prières de nombreux miracles furent accomplis: il empêcha le mur de pierre d'un bâtiment qui s'effondrait de s'écraser au sol, élimina les oiseaux gênants et les sauterelles du vignoble du monastère, et tua deux serpents venimeux qui maintenaient ses frères effrayés loin de la vigne. Empli de bonne foi et de vertu, saint Zacharie fut ensuite consacré évêque d'Anchi.

Saint Macaire (Makar) d'Anchi servit comme évêque d'Anchi après le repos en Christ de saint Grégoire de Khandzta en 861.

Saint Ezra d'Anchi, de la noble famille Dapantchouli, œuvra en sainteté au 10ème siècle.

Saint Sabbas (Saba) d'Ishkhani était un cousin et un des plus proches compagnons de saint Grégoire de Khandzta. Avec deux autres amis, Christophe (Kristepore) et Théodore (Tevdore), le jeune Sabbas accompagna Grégoire de Khandzta à Klarjeti en quête de vie ascétique. Au début, les jeunes moines s'installèrent au Monastère d'Opiza et y œuvrèrent avec beaucoup de zèle, et ensuite ils déménagèrent à Khandzta.

Un jour, saint Sabbas faisait, avec saint Grégoire, un pèlerinage à Byzance, et c'est là qu'il apprit les typica des monastères locaux. Sur le chemin du retour à Tao-Klarjeti, Dieu révéla Sa volonté à Sabbas pour restaurer l'église d'Ishkhani, qui avait été détruite par les envahisseurs arabo-musulmans. Saint Sabbas souhaita commencer immédiatement cette tâche sacrée, mais il poursuivit son chemin avec saint Grégoire, à l'insistance de ce dernier.

Plus tard, Grégoire lui attribua deux moines pour aider Sabbas à restaurer l'église et les envoya tous les trois à Ishkhani. Par la grâce de Dieu, les frères restaurèrent l'église et le monastère, et le nombre de moines qui y œuvraient se multiplia. Peu de temps après leur higoumène, saint Sabbas, fut consacré évêque d'Ishkhani.

Saint Jean (Ioane) le nouveau martyr œuvra pour le Christ au monastère de Khandzta.

Alors qu'il se rendait à Jérusalem en pèlerinage, les Sarrasins le capturèrent à Bagdad et tentèrent en le torturant de lui faire renier la foi chrétienne. Mais en versant son sang, saint Jean montra son immuable fidélité à la foi de notre Sauveur.

Saint Théodore (Tevdore), fondateur du monastère de Nedzvi, et saint Christophe (Kristepore), fondateur du monastère de Saint-Cyrique à Dvéri, étaient les fils spirituels de saint Grégoire de Khandzta et les premiers hommes à se joindre à lui dans ses travaux sacrés. Avec saint Grégoire, ils œuvrèrent d'abord au monastère d'Opiza et plus tard à celui de Khandzta.

Ces saints pères se rendirent à Abkhazeti pour augmenter la plénitude de la foi dans cette région, et sur leur chemin, dans le Samtskhe, un aristocrate nommé Mirian les chargea du soin et de l'éducation de son fils de six ans Arsène (plus tard devenu le saint Catholicos Arsène le Grand).

Finalement, saint Grégoire de Khandzta souhaita le retour de Théodore et Christophe, et il se rendit à Abkhazeti pour les trouver. Saint Grégoire prit avec lui son jeune disciple Ephrem (Eprem) (plus tard l'évêque et thaumaturge d'Atsquri). Quand il rencontra les frères dans Abkhazeti, saint Grégoire leur  confia l'éducation d'Ephrem et leur fit jurer de ne pas quitter le monastère de Khandzta jusqu'à ce qu'Ephrem et Arsène aient atteint leur maturité.

Lorsque Ephrem et Arsène atteignirent l'âge d'homme, ils étaient "parfaits en sagesse", et Théodore et Christophe quittèrent Khandzta pour établir les monastère de Nedzvi et de Dviri. Là, chaque père œuvra jusques au jour de son repos en Christ.

Les saint Pères Georges (Giorgi), Amon (Amona), Pierre (Petre) et Macaire (Makar) œuvrèrent dans le désert d'Opiza. Père Georges était higoumène du monastère Saint Jean-Baptiste d'Opiza, au cours des deux années où saint Grégoire de Khandzta et ses compagnons y œuvraient. Père Georges fut le troisième higoumène du monastère (il fut remplacé par saint André (Andria) et saint Samuel (Saint Samoel). Par la grâce de Dieu,  l'higoumène Georges reconnut la foi des pèlerins et les reçut, et non pas comme des élèves, mais comme des startsy honorables et sages. Témoin des exploits ascétiques des vénérables pères d'Opiza, saint Grégoire grandit en vertu et humilité, et acquit la paix intérieure. (L'histoire a conservé un saint Evangile du désert d'Opiza qui est daté de l'an 913, à l'époque où l'higoumène Georges y œuvrait.)

Dans la deuxième partie du 9e siècle saint Sérapion de Zarzma fonda le monastère de Zarzma dans le Samtskhe. Neveu de saint Sérapion, saint Basile, réalisa plus tard de grands exploits ascétiques et fit des miracles dans ce monastère. Saint Basile fut l'auteur de La Vie de Sérapion de Zarzma et raconta également la vie des autres vénérables pères vénérables de Zarzma.

Saint Georges (Giorgi), "homme brillant, au bon cœur et d'une grande vertu", succéda à saint Sérapion comme higoumène du monastère de Zarzma. Après saint Geoges, le vénérable higoumène Michel (Mikael) commença la construction d'une deuxième église à Zarzma, dans l'accomplissement de la prophétie de saint Sérapion. Saint Paul (Pavle), qui succéda à Michel comme higoumène du monastère, acheva la construction de cette deuxième église.

Le saint et juste saint Khvedios œuvra en ermite dans les grottes du désert de Khandzta. Dieu lui révéla la nouvelle de l'arrivée de saint Grégoire, et il reçut Grégoire et ses frères avec une grande joie.

Il les bénit, tout en recevant une bénédiction lui-même de saint Grégoire de Khandzta. Alors, plutôt que de continuer le chemin avec saint Grégoire et les autres frères, saint Khvedios se retira dans sa grotte isolée, car il avait fait le vœu devant Dieu de vivre toute sa vie dans la solitude. Après la dormition du père saint, sa demeure s'emplit d'une douce fragrance.

Saint Epiphane (Epipane) était thaumaturge et fils spirituel de saint Grégoire de Khandzta. Ce vénérable père était vraiment revêtu de l'armure de la justice, et il fut une source d'inspiration pour beaucoup. Selon les instructions de saint Grégoire, il devint un exemple d'obéissance pour les autres frères du monastère. Les prières de saint Epiphane guérirent beaucoup de gens qui étaient atteints par une maladie terminale.

Saint Mato œuvra dans le désert de Khandzta. Après la naissance au ciel de  l'higoumène du couvent de Mere, il prit sur lui la direction du monastère de femmes et pendant quarante ans donna l'exemple d'une vie vécue dans la plénitude de la foi. Il était si strict dans son ascèse que, pendant ces quarante ans, il ne partagea jamais un repas avec les moniales, et il ne reçut pas un seul objet de leurs mains. Quand saint Mato atteignit un âge avancé, il devint malade dans la chair, mais il refusa les offres des moniales de s'occuper de lui. Au lieu de cela il demanda à son parent, qui était également moine, de s'occuper de lui lorsqu'il en aurait besoin.

Saint Zénon naquit à Samtskhe dans une famille d'aristocrates. Il fut élevé dans la crainte de Dieu, et il désirait depuis sa jeunesse entrer dans la vie monastique. Avant que cette volonté ne soit accomplie, cependant, sa soeur fut enlevée par un homme impie. Zenon partit pour poursuivre le ravisseur à cheval, mais alors qu'il chevauchait, le Diable l'assaillit d'angoisses. "Je suis un homme respectable", pensait-il, "mais celui que je poursuis n'est pas shonorable. Si je le prends et que je le tue, je vais détruire mon âme, mais si je retourne, la honte viendra sur moi. "

Et donc, à ce moment-là, saint Zénon rebroussa chemin pour accomplir son désir perpétuel. Il fut tonsuré moine et devint plus tard disciple de saint Grégoire de Khandzta.

Saint Zénon, le "Trésor de la Vertu, saint Modèle de l'ascétisme et Porte du désert de Klarjeti», reposa en Christ à un âge avancé.

Saint Jean (Ioane), higoumène de Khandzta, est célèbre pour avoir achevé la construction de la nouvelle église de Khandzta, construction qui avait été entamée par son prédécesseur, saint Arsène. Les deux pères saints  reposèrent en Christ dans le désert de Khandzta. Saint Théodore (Tevdore) l'higoumène et son frère saint Jean (Ioane) œuvrèrent tous deux au monastère de Khandzta. Saint Georges Merchule reconnaît les frères comme les historiens, cependant il croit qu'ils ont contribué, plutôt qu'ils ont été co-auteurs, de ce travail.

Le moine saint Gabriel fut au service des moines infirmes et des personnes âgées du monastère de Khandzta. Saint Gabriel a raconté verbalement les Vies des Pères de l'Église et a exhorté ses frères à suivre les mêmes disciplines strictes que les Pères qui les avaient précédés.

Saint Démètre fut élevé par la bienheureuse sainte Phébronie (Pebronia) et devint plus tard l'un des premiers disciples de saint Grégoire de Khandzta. Il est commémoré parmi les saints Pères pour avoir atteint les cimes de la lutte monastique, et pour ses miracles, à la fois dans cette vie et après avoir été reçu dans le sein d'Abraham.

Les saints Arsène (Arsen) et Macaire (Makar), "bons moines pleins de sagesse et ayant le don de faire des miracles", étaient des proches de saint Ephrem d'Atsquri. Ils œuvraient ensemble au monastère de saint-Sabbas à Jérusalem, et correspondaient régulièrement avec les moines de Khandzta. Saint Arsène et saint et Macaire possédaient un amour profond pour le Christ et le désir de servir leur patrie et leur Église mère.

Saint Shio le Thaumaturge "brilla sur la terre de Kartli comme l'étoile polaire dans le ciel du matin." Selon Basile de Zarzma, saint Shio était le père spirituel de saint Michel de Parekhi.

Les saints Basile et Marcelin (Markelaos), "abondants et brillants en vertu," étaient des disciples de saint Michel de Parekhi. Saint Basile fut enterré à Parekhi à côté de son père spirituel. Les deux pères firent des miracles sur leurs tombes, et ils guérirent les infirmités des fidèles qui venaient chercher leurs bénédictions.

Le vénérable Père David (Davit), "image des anges" et constructeur de nombreux monastères, œuvra comme higoumène du monastère de Midznadzori. Il était le père spirituel du saint Catholicos Ilarion.

Doté de nombreux dons de la Grâce, saint Jacques (Iakob) fut une figure éminente de l'Eglise du Xe siècle géorgien. Il œuvra d'abord à Shatberdi, et plus tard près de le Gorge de Midznadzori, où il brilla comme les plus brillantes des étoiles.

Le vénérable Sophrone (Soprone) le Grand,  fut le restaurateur de l'Eglise de Shatberdi et un célèbre écrivain, mais ses œuvres littéraires n'ont pas été conservées. Saint Georges Merchule le compte parmi les pères sages et saints dont les histoires sont dignes d'être narrées. Saint Grégoire (Grigol) de Shatberdi œuvra dans le même monastère. Plusieurs des manuscrits du Xe siècle copiés par lui au monastère de Shatberdi ont été conservés, y compris les Cahiers du désert de Shatberdi et les Évangiles d'Hadishi, de Jruchi et de Parekhi.

Saint Zacharie (Zakaria) construisit le célèbre monastère de Beretelta et donna l'exemple de la sagesse et de la sainteté pour les pères qui y œuvrèrent après lui.

Saint Georges Merchule rend hommage au vénérable saint Hilarion de Parekhi  craignant Dieu, comme l'un des plus grands écrivains et des plus grandes personnalités de l'Eglise de son temps.

Saint Hilarion, abbé d'Ubisi, œuvra pendant de nombreuses années à la Laure de Saint-Sabbas à Jérusalem, où les Géorgiens eurent leur propre chapelle pendant de nombreux siècles [1]. Après avoir atteint un âge avancé, le vénérable père partit en Géorgie et s'installa au monastère de Khandzta. Plus tard, ce père intelligent et savant commença la construction de l'église d'Ubisi à Imereti, où il œuvra jusques à sa mort.

Sainte Phébronie (Pebronia) œuvra au monastère de Samtskhe à Mere. C'était une amie proche de saint Grégoire de Khandzta. Il lui envoya, pour l'instruire dans la foi chrétienne, une femme qu'un certain Roi Ashot Kuropalates (plus tard, un saint martyr) avait prise pour maîtresse. Sainte Phébronie refusa les demandes instantes du roi de faire revenir cette femme au palais royal.

Les anges rendaient souvent visite à sainte Phébronie pour l'informer de la sainte volonté de Dieu. Sainte Temestia œuvra avec sainte Phébronie au monastère de Mere. Pendant quarante ans, elle s'occupa de saint Mato, le père spirituel du monastère.

Sainte Temestia elle-même fit remarquer que sa relation avec le Père Mato était si chaste et innocente que le saint père ne voulait même pas se permettre de recevoir l'encens sacré directement de ses mains.

Sainte Anatolie (également appelé Antoine [Antonios]) œuvra dans la solitude au monastère de Mere. Les anges apparaissent souvent à la sainte mère, qui elle-même menait une vie égale à celle des puissances incorporelles. Les deux vénérables Temestia et Anatolie furent informées par les anges du repos en Christ de leur higoumène, saint Mato.

Sainte Anastasie (Anastasia) œuvra parmi les saintes moniales dans une remarquable sainteté et humilité. Elle descendait d'une famille d'Abkhazie et était connue sous le nom de Bevreli dans le monde. Comme reine (épouse du roi Adarnerse), elle fut souvent appelée à protéger les intérêts du monastère de Mere. Le roi Adarnerse plus tard devint froid envers Bevreli, elle quitta donc le monde, et fut tonsurée moniale sous le nom d'Anastasie.

Saint Anastasie avait la tâche la plus difficile au monastère: elle ramassait le bois de chauffage et le rapportait de la forêt. Elle ne portait que des haillons et priait sans cesse.

Un jour, le roi Adarnerse tomba soudainement malade, et il envoya des messagers au monastère de Persati, où Anastasie œuvrait, demandant pardon en son nom. Saint Anastasie pria pour le roi malade: "Que le Christ pardonne tous ses péchés et lui guérisse l'âme et le corps." Le roi Adarnerse fut bientôt guéri  de son infirmité.

Riche en sainteté et l'humilité, sainte Anastasie œuvra au monastère de Persati jusques à la fin de ses jours sur terre. Dieu lui accorda le don de thaumaturge à la fois durant sa vie sur terre, et après son repos en Christ. Les propres fils d'Anastasie, Gourgen et Soumbat, furent guéris de leurs maladies à sa tombe, et après cela beaucoup d'autres gens qui y vinrent avec foi, reçurent la guérison de cette sainte mère.

La région historique de Tao-Klarjeti fut habitée, à travers l'histoire, et même jusques à nos jours, par des Géorgiens de souche. Cependant, depuis 1921, lorsque les communistes ont annulé l'indépendance de la République de Géorgie, Tao-Klarjeti est une possession turque.

Dieu a doté cette région de beaucoup de soleil et d'air pur, libre de chaleur cruelle et de gel amer. Le climat local accentue la beauté de cette région merveilleuse.

Mais la région de Tao-Klarjeti a été transformée en champ de bataille un nombre incalculable de fois à travers l'histoire: elle a été témoin de la victoire et de la défaite, de la destruction et de la restauration, de la trahison et de la fidélité désintéressée. Grâce à toutes ces épreuves, elle est resté une partie inséparable de la nation unifiée géorgienne. En dépit du fait que, aujourd'hui, Tao-Klarjeti est située à l'intérieur des frontières d'un gouvernement étranger et que ses diocèses géorgiens sont souvent désignés comme appartenant à l'Eglise arménienne, la vérité historique doit être maintenue.

Le 17 Octobre 2002, l'Église Apostolique Géorgienne restaura nominalement les diocèses de Klarjeti et de Lazeti sous sa propre compétence, et déclara l'évêque titulaire d'Akhaltsikhe comme leur chef spirituel. Le même jour, l'Eglise géorgienne canonisa les saints vénérables pères et mères qui ont œuvré dans ces régions sous la direction de saint Grégoire de Khandzta. Seuls quelques-uns de ces  ascètes craignants Dieu, parmi lesquels le saint Catholicos  Nerse II, étaient arméniens par filiation, mais ils s'étaient convertis à l'Orthodoxie et prêchaient la vraie foi dans le désert avec les pères géorgiens.

Par l'intercession des saints pères et mères du désert de Klarjeti et de tous Tes bienheureux saints, Seigneur Jésus-Christ, notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze

in


[1] voir Archimandrite Grigol Peradze,"An Account of the Georgian Monks and Monasteries in Palestine, " Georgica, Autumn 1937, nos 4-5, pp.181-246




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire