Biographies des héros spirituels de la terre de Géorgie, moniales, moines, ascètes, martyrs, clercs ou laïcs qui ont fait briller sur elle la Lumière du Christ!

vendredi 11 novembre 2016

Saint Serapion de Zarzma




Commémoré le 29 octobre/ 11 novembre
Saint Sérapion de Zarzma était fils d’un aristocrate de Klarjeti célèbre pour sa richesse et ses bonnes actions. Sérapion avait deux frères. Tous trois étaient encore jeunes quand leur mère mourut. Leur père mourut peu après.
Depuis son enfance saint Sérapion désirait mener la vie d’ermite. Avec son plus jeune frère Jean partit pour le monastère de Parekhi où il demanda à être guidé spirituellement par le grand thaumaturge Michel de Parekhi, « père spirituel et maître des orphelins ».
Son frère aîné demeura à la maison, poursuivant la tradition familiale en étant bon avec les vagabonds et les pauvres.
St Michel perçut chez le jeune Sérapion un véritable zèle pour le ministère divin et il le bénit pour qu’il accède à la prêtrise.
Un jour, tandis qu’il priait, saint Michel eut la révélation dans une vision qui lui fit comprendre qu’il devait envoyer ses disciples Sérapion et Jean à Samtskhe pour y fonder un monastère.
Sérapion eut peur à la pensée de la grande responsabilité que cela représentait, mais il se soumit à la volonté de son père spirituel et il partit pour Samstkhe avec plusieurs compagnons. Il emporta avec lui l’icône miraculeuse de la Transfiguration de Notre Seigneur.
Les moines allèrent jusqu’au sommet d’une très haute montagne et ayant jeté un regard aux alentours, décidèrent de s’installer là et de commencer la construction d’un monastère. Mais bientôt les villageois chassèrent les moines et grâce à cela, les moines découvrirent l’endroit exact que saint Michel, leur bon berger, avait vu dans sa vision. En ces temps-là, un noble fidèle du nom de Georges Tchortchaneli gouvernait cette région montagneuse. Un jour tandis qu’il chassait, Georges vit de la fumée qui s’élevait de cette forêt dense et envoya un serviteur voir d’où elle venait. Il fut bientôt informé que deux moines remarquables s’étaient installés là. Il s’y rendit immédiatement, salua humblement les deux moines, vénéra l’icône miraculeuse et demanda la bénédiction des pères.
Empli de joie et inspiré par les paroles de Sérapion, le prince tomba à genoux devant lui et promis de l’aider à établir le nouveau monastère. Ayant donné cette terre et celle qui entourait le futur monastère, il fit présent aux moines d’un document qui attestait leur propriété de tout le territoire que les moines pourrait parcourir à pied en une journée. Il leur donna son serviteur pour les accompagner.
Les frères cheminèrent à pied à travers de denses forêts et des sentiers de roc. Deux habitants du lieu Ia le pieux et Garbaneli les accompagnaient. Mais tous les habitants du lieu ne reçurent pas les moines aussi : les habitants de Tsiskvili montrèrent leur hostilité et tentèrent de les arrêter.
Cette même nuit, un miracle survint. Un tremblement de terre fendit les rochers qui retenaient le lac Satakhve et celui-ci fut entièrement englouti. Il n’y eut que deux frères du village qui survécurent. Jusqu’à ce jour ce lieu est appelé « Zarzma » (le mot « Zari » est souvent employé pour décrire un événement tragique.)
Les moines cherchèrent un lieu convenable pour construire leur église. Saint Sérapion voulait la construire sur une haute colline, mais jean et les autres frères y étaient opposés. « Il n’est pas nécessaire, saint père, de construire en cet endroit » dirent-ils, « ce endroit est trop haut et trop froid et les frères ne sont vêtus que de haillons. »
Pour résoudre cette question, les saints pères remplirent deux lampades d’icônes avec une quantité égale d’huile. Sérapion plaça l’une d’elle au sommet de la colline, l’autre près d’un torrent sur le flanc sud de la colline et ils commencèrent à prier. Au lever du jour, la lampe de Sérapion était éteinte tandis que celle de Jean continua à brûler jusqu’à midi. Ils commencèrent donc à construire l’église à l’endroit choisi par Jean.
Les moines durent faire face à de nombreux obstacles dans la construction de leur église. L’endroit était couvert d’une forêt dense et les pierres nécessaires à la construction ne pouvaient être trouvées que dans la rivière. Suivant le conseil de Georges, ils récupérèrent les pierres d’une église qui avait été détruite par le tremblement de terre.
Après trois ans de construction, le monastère fut bâti et l’icône miraculeuse de la Transfiguration fut mise dans le sanctuaire de l’église. Les moines construisirent des cellules et saint Sérapion établit la règle du monastère.
Quand il fut près de la mort, Michel de Parekhi envoya deux de ses disciples vers Sérapion et Jean. Quand il sut que la construction du monastère était achevée, il se réjouit grandement et bénit son bienfaiteur Georges Tchortchaneli. Puis il prit une branche sèche de buis et la lui donna disant : « Mon fils, plante ceci près de l’église et s’il fleurit à nouveau, sache que c’est la volonté de Dieu que tu continues avec zèle l’œuvre commencée en Son Nom. » Peu après la branche fleurit et ce miracle devint connu d’une multitude. Et Georges devint moine.
Quand le bienheureux higoumène Sérapion sentit venir sa mort, il convoqua ses frères, leur fit ses adieux et nomma son successeur en la personne du hiéromoine Georges. Il fut enseveli avec grands honneurs sur le côté est de l’autel de l’église du monastère.



in 
Archpriest Zakaria Machitadze,

Lives of the Georgian Saints

St. Herman of Alaska Brotherhood, 2006

Version française Claude Lopez-Ginisty


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