Biographies des héros spirituels de la terre de Géorgie, moniales, moines, ascètes, martyrs, clercs ou laïcs qui ont fait briller sur elle la Lumière du Christ!

lundi 10 juillet 2017

Vénérable Père Georges (Giorgi) de la Sainte Montagne († 1065)

St. Giorgi of the Holy Mountain

Mémoire le 27 juin/10 Juillet



La famille de saint Georges (Giorgi) avait ses racines dans la région de Samtskhe dans le sud de la Géorgie. Georges est né en Trialeti des pieux Jacques (Iakob) et Marie (Mariam).

Quand Georges atteignit l'âge de sept ans, la sage higoumène Sabine (Sabiana) craignant Dieu du monastère de Tadzrisi en Samtskhe le prit en sa garde. Georges passa trois ans à Tadzrisi, et quand il eut dix ans, son père l'envoya au monastère de Khakhouli, vers ses propres  frères saint Georges (Giorgi) le Scribe et  Sabbas (Saba).

Peu de temps après, le prince Peris Jojikisdzé de Trialeti invita l'oncle de Georges, Georges le Scribe, à demeurer avec lui, et l'oncle de Georges prit son jeune neveu avec lui. Mais l'empereur byzantin Basile II par la suite convoqua Peris et sa famille à Constantinople, l'accusa d'avoir conspiré contre le trône, et le fit décapiter. (À ce moment, Trialeti était sous la juridiction de Byzance.) La fidèle épouse de Peris resta à Constantinople pendant douze ans et envoya le jeune Georges étudier avec les meilleurs philosophes et rhéteurs de l'époque.

Finalement, l'empereur Basile fut ému de compassion pour la famille du prince et lui permit de retourner en Géorgie. Georges, âgé de vingt-cinq ans retourna au monastère de Khakhouli et "soumit son cou au doux joug de la vie monastique."

Plus tard Georges quitta secrètement le monastère et, vêtu de haillons de mendiant, se rendit à Jérusalem. Après avoir enduré de nombreuses privations et surmonté un grand nombre d'obstacles, il atteignit la Montagne Noire près d'Antioche et, après avoir vénéré les lieux saints et rendu visite à plusieurs startsy, il commença à chercher un père spirituel et un guide. Il trouva le grand staretz géorgien saint Georges (Giorgi) le Reclus (le théophore) dans une grotte isolée et resta avec lui pendant trois ans.

Alors saint Georges le Reclus tonsura son disciple, "qui avait atteint la perfection de l'âge, la sagesse et la compréhension", dans le grand schème et il l'envoya en pèlerinage à Jérusalem.

Selon le conseil de son maître, Georges déménagea ensuite de Jérusalem au monastère d'Iviron sur le Mont Athos pour continuer l'œuvre de saint Euthyme (Ekvtime): la traduction de textes théologiques du grec en langue géorgienne. Georges se considérait indigne et sans qualification pour poursuivre la grande œuvre de saint Euthyme, mais saint Georges le Reclus insista, alors il partit pour le Mont Athos par une humble obéissance.

Les moines du monastère d'Iveron  reçurent saint Georges avec grande joie. Mais au lieu de traduire les textes patristiques comme son père spirituel le lui avait conseillé, Giorgi devint paresseux et pendant sept ans n'effectua que le travail d'un novice. Lorsque saint Georges le Reclus entendit cela, il envoya son disciple Théodore (Tevdore) au Mont Athos pour lui faire des reproches et lui rappeler la raison pour laquelle il y avait été envoyé. Enfin Georges de la Sainte Montagne obéit à la volonté de son maître, et bientôt il fut intronisé comme higoumène du monastère.

A partir de ce moment-là, saint Georges de la Sainte Montagne poursuivit son œuvre avec beaucoup de sérieux. Il recueilli des informations sur saint Euthyme (Ekvtime) et saint Jean (Ioane), compila leurs vies, transféra leurs saintes reliques pour orner des caveaux couverts de bijoux précieux, et améliora la vie du monastère de nombreuses autres façons.

Lors d'une visite à l'empereur byzantin Constantin Monomaque, le roi géorgien Bagrat IV Kouropalates offrit à Georges la possibilité de retourner en Géorgie pour être consacré évêque de Tchqondidi et lui servir de conseiller spirituel. Mais Georges déclinait, s'étant déjà  retiré loin de la vanité du monde.

Etre à la tête du monastère était une tâche exigeante, et Georges fut forcé de choisir entre son œuvre littéraire et la vie du monastère.

Il démissionna comme higoumène et revint vers saint Georges le Reclus pour demander conseil. Mais son professeur le bénit pour qu'il retourne au monastère d'Iviron, donc Georges repartit pour le Mont Athos.

Le roi craignant Dieu Bagrat IV Kouropalates, continua à demander à saint Georges de revenir en Géorgie, et finalement il consentit à la volonté du roi et du Catholicos. Conformément à leur demande, le pieux Père institua des orientations générales pour les qualifications et la conduite du clergé et il administra sagement les affaires de l'Église.

Cinq ans plus tard, saint Georges retourna au monastère d'Iviron. Avant son départ, le roi Bagrat lui donna beaucoup de ses propres richesses et lui dit adieu avec un grand respect.

En partant pour le Mont. Athos, le bienheureux Georges prit avec lui quatre-vingts orphelins.

En route, il s'arrêta à Constantinople, et sentant que le jour de son repos en Christ était proche, il s'arrangea pour que les orphelins soient reçus à la cour de l'empereur. Il demanda personnellement que l'empereur prendre des dispositions pour les enfants orphelins.

Le vénérable Georges de la Sainte Montagne reposa paisiblement en Christ le lendemain, fête des saints Apôtres Pierre et Paul. Avec grande vénération, ses frères athonites l'enterrèrent sur le terrain du monastère.

Ô sage Georges, comme les douze soleils qui illuminenèrent le monde, tu as brillé avec la lumière de la théologie, et le Christ notre Dieu a glorifié ta mort pour la fête de Ses disciples. Parmi eux, nous te glorifions et nous implorons ta sainte protection!


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006

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