Biographies des héros spirituels de la terre de Géorgie, moniales, moines, ascètes, martyrs, clercs ou laïcs qui ont fait briller sur elle la Lumière du Christ!

dimanche 17 mars 2019

SAINT JEAN (CHRYSOSTOME) LE CATHOLICOS (†1001)


Mémoire le 4/17 mars

Saint Jean (Chrysostome) Le Catholicos (†1001). Le saint Catholicos Jean IV (Chrysostome) dirigea l'église apostolique de Georgie de 980 à 1001.

"L'Histoire des miracles de saint Shio" du Catholicos Basile III, décrit comment les parents sans enfants de saint Jean prièrent longtemps saint Shio de Mgvime. Après la naissance de Jean, ses pieux parents l'envoyèrent pour être éduqué au monastère de Shio-Mgvime. Là, il acquit la sainteté et la sagesse grâce auxquelles il serait surnommé plus tard Chrysostome, ce qui en grec signifie "Bouche d'Or". C'est par ce nom qu'il a été connu à travers toute l'histoire de l'Eglise géorgienne. 
Tu fus révélé en vérité à ton troupeau comme une règle de foi, une image de douceur, et un maître de tempérance. C'est pourquoi tu atteignis la plus grande humilité et les plus grandes richesses par ta pauvreté. Ô saint Père et hiérarque Jean, intercède auprès du Christ Dieu, afin que nos âmes soient sauvées.

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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jeudi 7 mars 2019

Les saints neuf enfants de Kola (VIe siècle)


Fête le 22 février/ 7 mars


Il y a plusieurs siècles, le village de Kola était situé à la source de la rivière Mtkvari [en Géorgie]. Là, chrétiens et païens demeuraient ensemble en voisins. Les enfants chrétiens et païens jouaient ensemble, mais quand les enfants chrétiens entendaient sonner les cloches des églises, ils reconnaissaient l'appel à la prière et abandonnaient leurs jeux. Neuf enfants païens [tous âgés de 7 à 11 ans selon une autre source]-Gouram, Adarnerse, Baqar, Vaché, Bardzim, Datchi, Jouancher, Ramaz et Parsman-suivaient les enfants chrétiens à l'église.

Mais les chrétiens toujours les arrêtaient près des portes de l'église et les réprimandaient, disant: "Vous êtes des enfants de païens. Vous ne pouvez pas entrer dans la maison sacrée de Dieu. " Ils s'en allaient désolés et abattus.

Un jour, les neuf enfants païens tentèrent d'entrer dans l'église par la force, mais ils furent chassés et grondéa. "Si vous voulez entrer dans l'église, vous devez croire en notre Seigneur Jésus-Christ et être baptisés au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit", leur dit-on. "Vous devez recevoir la Sainte Communion et rejoindre la communauté des croyants."

Avec grande joie les jeunes gens promirent aux chrétiens qu'ils recevraient le Saint Baptême. Quand les chrétiens de Kola racontèrent à leur prêtre les bonnes nouvelles du désir des garçons païens", il se souvint des paroles de l'Évangile: Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. Et celui qui prend pas sa croix, et ne me suit pas, n'est pas digne de moi. (Matthieu 10:37-38).

Il n'avait pas peur de la colère qui résulterait de la communauté païenne, mais plutôt il amena les garçons par une froide nuit d'hiver et les baptisa dans la rivière glacée. Un miracle se produisit alors que ce saint Sacrement était célébré: l'eau devint chaude et des armées angéliques apparurent aux jeunes gens. Grandement encouragés dans leur foi, les enfants décidèrent de rester dans la communauté chrétienne plutôt que de retourner vers leurs parents.

Quand les parents apprirent qu'ils avaient été baptisés dans la foi chrétienne, ils entraînèrent leurs enfants loin de l'église, les maltraitèrent et les battirent jusques à la maison pour les soumettre. Les enfants héroïques subirent des abus et, bien qu'ils eurent faim et soif pendant sept jours, ils répétèrent encore et encore: "Nous sommes chrétiens et nous ne sera mangerons ou boirons quoi que ce soit qui ait été préparé pour les idoles!"

Ni flatterie douce, ni vêtements coûteux, ni promesses de bonnes choses à venir purent tenter les jeunes gens qui craignaient Dieu. Au contraire, ils affirmèrent: "Nous sommes chrétiens et ne voulons rien de vous, si ce n'est de nous laisser tranquilles et de nous permettre de rejoindre la communauté chrétienne!"

Les parents furieux allèrent rapporter au prince tout ce qui s'était passé. Mais le prince ne fut d'aucun secours: il leur dit simplement: " Ce sont vos enfants, faites avec eux ce que vous souhaitez." Les païens obstinés demandèrent la permission au prince de lapider les enfants. Alors, une grande fosse fut creusée là où les jeunes gens avaient été baptisés, et les enfants furent jetés à l'intérieur.

"Nous sommes chrétiens, et nous mourrons pour Lui en qui nous avons été baptisés", proclamèrent les saints martyrs, les neuf enfants de Kola, avant d'offrir leurs âmes à Dieu.

Leurs parents impies prirent des pierres, et puis d'autres se joignirent à eux, jusqu'à ce que la fosse entière ait été remplie. Ils battirent à mort le prêtre, le volèrent, et divisèrent le butin entre eux.

Le combat du martyre des neuf enfants justes de Kola eut lieu au 6e siècle, dans la région historique de Tao dans le sud de la Géorgie.

Emplis d'amour pour notre Seigneur, et ayant souffert en accord avec Sa volonté, ô saint neuf enfants de Kola, priez-Le pour Ses indignes serviteurs!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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dimanche 3 mars 2019

Saint Catholicos Nicolas (Nikoloz) (+1591)


Fête le 18 février/ 3 mars

Nicolas ( Nikoloz) Batonichvili, était le fils de Levan I, roi de Kakheti (1520-1574). Il vécut pendant la terrible période de l'invasion persanne de la Géorgie ortientale. Le jeune prince choisit la voie de la vie monastique et il aida bravement son frère aîné le roi Alexandre II (1574-1605). Malgré son sang royal, il préféra l'habit de moine et le doux et léger joug du Christ, au charme et à l'opulence de son héritage.
Selon la volonté de Dieu, Nicolas fut intronisé Catholicos de toute la Géorgie. La chronique géorgienne La Vie de Kartli ( Kartliy Tskhovreba) relate la date de son intronisation au samedi 28 février 1584.
Armé du plus haut rang hiérarchique, du sang royal et d'intégrité personnelle, le Catholicos Nicolas fut un dirigeant exemplaire pour la nation géorgienne. Il lutta pour planter les graines e l'amour chrétien entre pays de même foi. Il correspondit avec le Patriarche Job de Russie (1586-1590) et lui envoya même un cheval! Il fit aussi don d'un manuscrit enluminé relié en cuir des Evangiles, copiés en 1049 à l'église de la Génitrice de Dieu de Métékhi.
Dans son livre Pèlerinage, l'archevêaue Thimothée (Timote Gabachvili) rapporte qu'il y a une icône du saint Catholicos Nicolas, sur le mur du réfectoire du monastère d'Iviron, au Mont Athos. L'archevêque Thimotée décrit également un autre réfectoire construit par Achotan Mukhran-Batoni, et remarque, "Là, je crois, reposa en Christ le Catholicos Nicolas Batonichvili."

Tu fus nommé grand prêtre par Dieu le Père, ô saint Nicolas. Prie pour qu'Il illumine également notre intellect avec sagesse.

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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vendredi 1 mars 2019

Saint Hiéromartyr Tevdore (Théodore) d'Atchara



Fête le 17 février/ 2 mars

Le saint hiéromartyr Théodore (Tevdore) d'Atchara [Fêté le 17 février/ 1er mars] appartient à la glorieuse multitude des fidèles atchariens qui furent martyrisés par les ottomans. Saint Tthédore naquit à la fin du XVIIIè siècle. En ces temps-là, les envahisseurs ottomans avaient presque réussi l'islamisation forcée de la région. Ils avaient déjà annihilé ceux qui résistaient à la conversion et ils commençaient à évincer ceux qui, en dépit de leur apparente conversion à l'islam, continuaient à susciter la suspicion. Certains avaient abandonné la région où ils étaient nés, pour s'enfuir dans des contrées étrangères. Saint Théodore naquit dans une famille qui avait été contrainte à l'exil. Depuis son enfance, ils avait observé ses compatriotes qui avaient été convertis de force à l'islam, et qui maintenaient secrètement leur vie chrétienne. On ne sait exactement comment la famille du saint s'installa à Trébizonde. On sait cependant que saint Théodore réussit à se libérer de l'islam, à retrouver le christianisme et à trouver refuge dans le monastère géorgien de Smyrne (à présent nommé Izmir ). Là, il fut tonsuré moine et plus tard élevé au rang de Prohigoumène. 
On sait aussi que saint Théodore convertit alors son neveu au christianisme. En 1822, saint Théodore partit en pèlerinage au Mont Athos. Mais à ce moment-là, les ottomans tentaient d'écraser le mouvement indépendantiste grec et la sainte montagne de l'Athos était encerclée par les soldats ottomans. Ils capturèrent le fidèle pèlerin et le tuèrent. Puis ils jetèrent le corps du saint martyr dans la mer. Le Saint Synode de l'Eglise Orthodoxe Apostolique Géorgienne, a glorifié le saint martyr Théodore le 17 octobre 2002. 

 Ô saint hiéromartyr Théodore 
Dont le sang fut versé pour le Christ 
Illumine nos esprits 
Et prie Dieu 
D'avoir pitié de nos âmes. 

 in Archpriest Zakaria Machitadze, 
 Lives of the Georgian Saints 
St. Herman of Alaska Brotherhood,
 2006 
Version française Claude Lopez-Ginisty

mercredi 27 février 2019

Saint Hilarion (Ilarion) le Nouveau, le Géorgien (+1864)

St. Ilarion the Georgian of Imeretia and Mt. Athos

Fêté le 14/27 février

Le saint moine mégaloschème Hilarion (Ilarion) le Géorgien (Ise Qantchaveli dans le monde) est né en 1776 dans le village de Losiantkhevi, dans le district Chorapani de Kutaisi. Ses parents, Khakhouli et Mariam Qantchaveli étaient de pieux nobles craignant Dieu.
      Selon la volonté de Dieu, l'oncle d'Ise, le hiérodiacre ermite Stéphane (Stepane), prit soin de son neveu de six ans. Lorsque Stéphane reposa en Christ, Ise alla au monastère Tabakini, mais apprenant qu'un séminaire avait ouvert à Tbilissi, il s'y rendit. Sur son chemin, il rendit visite à un certain évêque Athanasios de Nikozi pour recevoir sa bénédiction, mais l'évêque, ravi des ferventes prières du jeune homme, lui conseilla de retourner chez lui dans sa famille: "Mon fils, tu en apprendras beaucoup plus dans le désert que tu ne pourrais jamais le faire en classe. Retourne à la maison, et le Seigneur, après t'avoir instruit dans la prière, te mènera sur un chemin qui va servir ton peuple et l'Eglise. "
      Ise revint dans le giron de sa famille, et son père l'emmena à Kutaisi pour être élevé dans la cour du roi Imeretian. Le roi Salomon II (1789-1815) reconnut bientôt que le jeune Ise était, en ce qui concerne la piété, au-dessus de tous les autres courtisans, et il le nomma son conseiller et instructeur spirituel personnel. À la suggestion du roi, Ise épousa la princesse Mariam. Peu de temps après son mariage, l'humble noble fut ordonné prêtre et confesseur attitré de l'église de la cour. Seulement deux ans plus tard, la princesse Mariam reposa en Christ, laissant Père Ise veuf.
      Après l'annexion russe de Kartli-Kakhétie, la cour impériale du tsar augmenta sa correspondance diplomatique avec la cour du roi Salomon II. Le roi fut invité également à unifier le Royaume Imeretien à la Russie. Salomon convoqua un conseil de nobles, et il décida qu'Imereti resterait indépendant, tout en maintenant des relations amicales avec la Russie jusques à la mort du roi. Toutefois, il fut convenu que, puisque le roi Salomon n'avait pas d'héritier, après son repos en Christ, la cour du tsar impérial aurait juridiction sur la région.
      Mais le climat politique en Géorgie devint de plus en plus tendu, et la capacité de la cour Imeretienne à gouverner fut gravement compromise.
      La cour fut soudainement assailli de cas d'envie et de trahison, et il devint nécessaire pour le roi de fuir vers la Turquie. Le protopresbytre Ise Qantchaveli accompagna le roi Salomon II à son lieu d'exil et resta avec lui jusques à la fin de la vie du roi.
      Après la mort du roi en 1815, Père Ise bénéficia d'une amnistie du tzar Alexandre Ier (1801-1825) au nom du roi et de sa cour. Ise lui-même prévoyait d'aller en réclusion dans le village où il était né, toutefois, la veuve du roi Salomon, la reine Mariam, le convoqua à Moscou, où elle était détenue en "honorable captivité." Père Ise lui apporta un morceau de la Croix vivifiante de notre Seigneur, qui avait appartenu au roi Salomon et la reine conserva le trésor de son mari dans l'église de la cour.
      Mais la vie à la cour impériale était pénible pour le père Ise craignant Dieu, donc il échangea ses vêtements pour des hardes de mendiants et partit pour le Mont Athos dans l'année 1819.
     Père Ise comparut devant les saints Pères du Mont Athos comme un pèlerin inconnu, qui étaient venus pour vénérer les lieux saints. Il visita d'abord le Monastère Iviron et à partir de là traversa la péninsule pour aller au monastère de Dionysiou.
      En 1821 Ise fut tonsuré moine et on lui donna le nom d'Hilarion. On lui présenta de nouveaux vêtements monastiques pour le service de tonsure, mais il demanda la permission de rester vêtu de ses propres haillons.
      Père Hilarion remplit tous ses obédiences avec amour. Il n'était découragé que par son ignorance de la langue grecque, qui l'empêchait d'entendre et de comprendre la Parole de Dieu pendant les offices divins. Enfin, il reçut la permission de l'higoumème de Dionysiou d'emprunter quelques livres géorgiens de la grande collection de manuscrits sacrés du monastère d'Iviron.
      En arrivant au monastère, Père Hilarion alla vénérer l'icône de la Mère de Dieu d'Iviron Alors qu'il priait à genoux devant l'icône, un archimandrite grec qu'il connaissait de Moscou le vit et le reconnut. Il s'inclina devant lui, lui baisa les mains et s'écria: "Père Ise! Saint pasteur! Confesseur du roi! "
      Bientôt la nouvelle se répandit dans tous les monastères du Mont Athos que le père spirituel du roi s'était caché comme un mendiant.
      Partout, les moines le saluèrent avec beaucoup de respect. Mais le Père Hilarion, honteux de cette attention, se retira dans le désert, non loin du monastère.
      A cette époque, en représailles à l'insurrection grecque de 1821, les Turcs pillaient la Grèce et l'abattage des chrétiens. En 1822, un certain Abdoul Robout-Pacha encercla la Sainte Montagne avec une énorme armée et ordonna aux higoumènes de tous les monastères de se soumettre à son autorité. Des représentants de tous les monastères, y compris Père Hilarion et deux autres moines de Dionysiou furent envoyés à Chromitsa pour présenter une requête devant le pacha. Père Hilarion se tint courageusement devant le pacha, brûlant d'un désir d'être martyrisé par les mains d'un non-croyant.
      Ayant appris que le Père Hilarion était géorgien, Robout-Pacha fut ravi: il était lui-même également géorgien par filiation, mais il avait été enlevé par des Turcs dans son adolescence.
      Le pacha proposa que saint Hilarion quitte le monastère et vienne dans son palais à Thessalonique, en lui promettant toutes sortes de richesses matérielles. Mais Père Hilarion refusa et condamna l'incrédulité du souverain. Le pacha furieux se mit à maudire les croyants orthodoxes et tous les saints chrétiens, parmi lesquels la Très Sainte Génitrice de Dieu. Le père saint ne fut autorisé à faire aucune réponse aux propos blasphématoires du pacha; au lieu de cela, ils le libérèrent et prirent comme captifs d'autres moines.
      De retour au monastère, Père Hilarion regretta de n'avoir pas correctement repris le pacha blasphémateur. Sa souffrance fut aggravée lorsque l'incroyant continua à martyriser et à massacrer d'autres chrétiens martyrs. Enfin, il demanda à l'higoumène sa bénédiction et partit pour la cour turque à Thessalonique. Il se tint devant le pacha et sans crainte piétina ses faux enseignements: "Tu as cherché à nier la virginité de la Très Sainte Mère de Dieu," accusa-t-il. "Même ton prophète Mahomet admet que Jésus est né sans semence d'une vierge et que le mystère de la naissance de Dieu est nécessairement au-delà de la compréhension humaine. Il est le vrai Dieu, qui s'est fait chair pour le salut de l'humanité, pour sauver l'homme déchu de la malédiction du péché et de la mort! "
      Le pacha commença à discuter, mais saint Hilarion lui dit: "Toi, le fils de parents chrétiens, tu es tellement hors de toi que tu as anéanti les affres de la conscience qui te rappellent à la vraie foi!"
      Le pacha se mit à rire et répondit qu'il était heureux d'avoir été délivré de la "ridicule" foi chrétienne. "Je suis redevable à l'homme qui m'a enlevé à mes parents et m'a vendu aux Turcs", dit-il, "et depuis, j'ai le récompense généreusement de son acte. Si ta foi est bien vraie, pourquoi es-tu tombé dans les mains des envahisseurs? Pourquoi ton Dieu bien-aimé te punit-Il ainsi? "
      "Tu te méprends sur tout, Pacha", répondit saint Hilarion.
      "Un père aimant ne se saisit-il pas d'une verge lorsque son fils bien-aimé se déchaîne? En vérité, il ne le fait pas par haine, mais par amour, désireux de sauver l'ignorant d'un grave malheur. Lorsque le père voit que son enfant a corrigé son comportement, il jette la verge dans le feu. Le Seigneur a permis que ces peines nous adviennent à cause de nos péchés. Tu es un bâton dans les mains du Seigneur: quand Il verra que nous avons amendé nos voies, il te jettera également au feu "!
      Pendant trois jours consécutifs saint Hilarion affronta le pacha dans son palais, voulant le faire enrager au point qu'il ordonnerait son exécution. Le quatrième jour, saint Hilarion arriva au palais et commença à parler de la fausseté de Mahomet et de l'islam.
      Alors le pacha le provoqua encore plus avant, demandant: "Que penses-tu, où irons-nous après la mort?"
      Debout au milieu de croyants de confessions diverses, saint Hilarion répondit hardiment que seuls ceux qui croient vraiment en Dieu, qui se trouvent dans le giron de la foi orthodoxe du Christ, seront sauvé. Les spectateurs furieux exigèrent que le moine insolent soit exécuté, et Abdoul Robout-Pacha  ordonna finalement sa mort. Saint Hilarion se prépara à affronter la mort avec joie, mais deux serviteurs du pacha, Géorgiens par filiation, demandèrent que le pacha abroge sa condamnation à mort, car il serait honteux pour eux de tuer leurs compatriotes.
      Ils avaient l'intention de l'envoyer en secret au Mont Athos, mais au lieu de saint Hilarion commença à s'occuper des prisonniers malades détenus à Thessalonique, et il n'hésita pas lui-même à se consacrer à leur service pendant six mois. Ensuite, selon la volonté de Dieu, il repartit pour le Mont Athos. De retour à son monastère, Père Hilarion œuvra pendant trois ans comme  ermite et se retira ensuite à la tour de la Nouvelle-Skite (dépendance du monastère de Saint-Paul) pour mener une vie d'ascèse rigoureuse.
      Le vendredi, il gardait un jeûne strict, et les autres jours il ne mangeait que des petits morceaux de pain sec. Il les mettrait dans un pot à goulot étroit et ne mangeait que ce qu'il en pouvait tirer de sa main. Il buvait un seul verre d'eau par jour. Pendant toute la période de sa réclusion dans la tour, les démons tentèrent saint Hilarion par de terribles visions.
      Un jour, un groupe de chrétiens fidèles désirèrent rendre visite à l'ermite. Comme le staretz ne recevait personne, ils ne furent pas admis. Les pèlerins décidèrent donc de former une échelle humaine, debout l'un sur l'autre pour atteindre la petite fenêtre de sa cellule. Craignant pour leur vie, mais ne voulant pas rompre son vœu de réclusion, saint Hilarion abandonna temporairement sa cellule et s'enfuit dans la forêt.
      Après un certain temps, Saint-Hilarion devint physiquement affaibli par ses labeurs ascétiques rigoureux et il fut forcé d'abandonner la vie solitaire. Avec l'aide de son fidèle ami géorgien Benoît, il retrouva progressivement un peu de sa force et alla au monastère d'Iviron.
      Au monastère d'Iviron il pris en charge la bibliothèque géorgienne,  organisa un catalogue, et compila douze volumes de Vies des Saints, qu'il intitula Le Jardin des Fleurs. Il présenta les douze volumes à l'higoumène du monastère Zographou avant que ce dernier ne parte pour la Russie. En Russie, l'higoumène publia les douze volumes en langue géorgienne, sans mention du nom de leur compilateur.
      Saint Hilarion reposa en Christ au monastère de Saint-Pantéléimon, connu sous le nom de Rossikon, dans une cellule dédiée au mégalomartyr Georges, le 14 Février 1864. Bien qu'il ait été très malade, saint Hilarion continua à remercier sincèrement le Seigneur jusqu'à son dernier jour. "Gloire à Dieu!" Disait-il. "Je désire le martyre, mais Dieu ne me l'a pas accordé. Au lieu de cela, il m'a envoyé une maladie qui sera égale en mérite au martyre si je suis capable de la supporter! "
      Avant sa mort, il demanda à son disciple, Père Sabbas, d'enterrer son corps dans le secret, mais les circonstances plus tard exigèrent que son lieu de sépulture soit révélé. En 1867, lors de la veillée pour la fête de l'Ascension de notre Seigneur, un groupe de moines ouvrit le caveau de saint Hilarion et tout de suite ils sentirent un doux parfum sortir de son corps. A ce moment, un des ermites vit une sphère brillante de lumière brillant comme le soleil au-dessus de la cellule de Père Hilarion.
      Le Saint-Synode de l'Eglise orthodoxe apostolique géorgienne glorifia le hiéromoine du grand schème Hilarion (Qantchaveli) le 17 octobre, 2002, et pour le distinguer de saint Hilarion le Géorgien (commémoré le 19 novembre), l'appelèrent "Ilarion Kartveli, Akhali" ou "Hilarion le Géorgien, le Nouveau. "

Ô bien aimé du Roi Céleste. saint Hilarion, toi qui tu fus illuminé par la foi, la prière et le jeûne, prie le Christ Dieu qu'il accorde une sage gouvernance à notre nation que Dieu protège!


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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lundi 25 février 2019

Saints Pères Prokhore le Géorgien, Luc (Luka Mukhaidzé) de Jérusalem, Nicolas (Nikoloz Dvali), et les saints Pères des monastères géorgiens à Jérusalem

Holy Fathers Prokhore the Georgian, Luka (Mukhaidze) of Jerusalem, Nikoloz Dvali, аnd the Holy Fathers of the Georgian Monasteries in Jerusalem

Fête le 12/ 25 Février

      Saint Prokhore le Géorgien, descendant de la noble famille Chavteli, naquit à la fin du 10ème siècle et grandit dans un monastère. Quand il atteignit l'âge d'homme, il fut ordonné hiéromoine et œuvra pendant un an à la Laure de Saint-Sabbas à Jérusalem. Puis, avec la bénédiction de son père spirituel Euthyme (Ekvtime Grdzéli), il commença la reconstruction du monastère géorgien de la Sainte Croix près de Jérusalem.
      Selon la tradition, à cet endroit du terrain, le neveu d'Abraham avait planté trois arbres-un cyprès, un pin et un cèdre. Finalement, ces trois arbres grandirent miraculeusement pour devenir un grand arbre. Quand le Temple de Salomon fut construit, cet arbre fut abattu, mais resta inutilisé. Il est dit que la Croix sur laquelle le Christ notre Sauveur fut crucifié a été faite à partir du bois de cet arbre.
      Au 4ème siècle, le terrain sur lequel l'arbre miraculeux avait grandi fut présenté au saint roi Mirian, premier roi chrétien de Géorgie. Ensuite, au 5ème siècle, sous le règne de saint roi Vakhtang Gorgasali, le monastère de le Sainte-Croix fut fondé sur cette terre. Le monastère fut détruit à plusieurs reprises entre les 7e et 9e siècles.
      Enfin, au 11ème siècle, roi Bagrat Kouropalates offrit une grande partie de sa fortune à l'higoumène Prokhore pour la restauration du monastère. Saint Prokhore embellit le monastère, puis réunit 80 moines et établit le typicon (la règle monastique), pour la collectivité en conformité avec celui de la Laure de Saint-Sabbas.
      Lorsque saint Prokhore eut œuvré longtemps et vécu jusques à un âge avancé, il choisi son disciple Georges (Giorgi) pour être l'higoumène suivant du monastère.
      Puis il partit pour le désert avec deux de ses disciples, et après un certain temps le moine pieux rendit son âme à Dieu.
      Au-delà de cela, on en sait peu sur la vie de saint Prokhore. Selon les chercheurs et des savants géorgiens, il était probablement né entre 985 et 990. Il a passé les années 1010 à 1015 à Jérusalem, et œuvré à la Laure de Saint-Sabbas jusques en 1025. Il reposa en Christ dans l'année 1066,  âgé de 76 ou 81 and.
      Le saint martyr Luc (Luka) de Jérusalem vécut au 13ème siècle. Il naquit dans une honorable et pieuse famille géorgienne du nom de Mukhaisdzé. Après le repos en Christ du père de Luc, sa mère quitta ses enfants et s'en alla œuvrer dans un monastère à Jérusalem.
      Lorsque Luc atteignit l'âge de vingt ans, il set rendit à Jérusalem pour rendre visite à sa mère et vénérer les lieux saints. Après y avoir passé quelque temps, il décida de rester et d'être tonsuré moine. Il fut ensuite ordonné diacre et parla couramment l'arabe. Bientôt les frères du monastère reconnurent sa sagesse et lui demandèrent de les guider comme higoumène. Pendant trois ans, Luc dirigea le monastère d'une manière exemplaire.
      Mais le Diable était envieux du saint-père et il incita un certain Shekh-Khidar, un persan influent à la cour du sultan Pendoucht, (Probablement le Sultan Zakhir-Roukedin-Baibars-Bundukdar d'Egypte (1260-1277) à prendre les armes contre saint Luc. Le sultan Pendoucht transféra ensuite la possession du Monastère de la Sainte Croix à Shekh-Khidar, qui "traita les moines géorgiens d'une manière bestiale et enfin les évinça tout à fait du monastère." Accomplissant son devoir donné par Dieu, le bienheureux Luc insista personnellement  pour faire face à Shekh-Khidar dans la défense de sa fraternité.
      Les frères et sœurs chrétiens avertirent Luc, en disant: "Shekh-Khidar te menace... Fuis et cache-toi à ses yeux!" Mais Luc ne prêta aucune attention à leurs remontrances, certain qu'il était plus approprié de mourir pour le Christ que de vivre pour le monde. Comme il avait insisté, il s'approcha personnellement de Shekh-Khidar et demanda la libération des pères emprisonnés.
      Luc lui a dit qu'il était prêt à accepter toutes les demandes. Le méchant chef perse ne demanda rien de Luc, sauf qu'il se convertisse à l'islam, en promettant de le faire émir s'il y consentait. Quand il refusa, le furieux Shekh-Khidar ordonna la décapitation de saint Luc.
      Après que l'acte terrible eut été effectué, la tête coupée de saint Luc se tourna vers l'est et rendit grâce à Dieu avec une expression de pure paix. Peu de temps après, son corps précieux fut livré au feu à la commande de la Shekh-Khidar perplexe. Cela se produisit en 1277. 
Saint Nicolas (Nikoloz Dvali) le martyr naquit à la fin du 13ème siècle chez un couple qui craignait Dieu et qui dirigea son chemin vers la vie spirituelle.
      À l'âge de douze ans Nicolas se rendit au désert de Klarjeti et il fut tonsuré moine. De là, il fit un pèlerinage à Jérusalem et resta dans la ville sainte, s'installant au monastère de le Sainte Croix. Brûlant de désir pour la vie apostolique, le moine Nicolas était déterminé à mourir en martyr.
      A Jérusalem, un groupe d'hommes impies arrêta et tortura Saint Nicolas pour avoir confessé publiquement la foi chrétienne, mais un groupe de chrétiens réussit à le sauver de la prison. Puis, en conformité avec le conseil de l'higoumène, saint Nicolas partit dans un monastère géorgien de Chypre. Là, le pieux moine implora le Seigneur de le rendre digne de la couronne du martyre. Un jour, alors qu'il priait devant l'icône de saint Jean-Baptiste, il entendit une voix disant: "Nicolas! Lève-toi et va à Jérusalem. Tu y trouveras un moine géorgien qui t'enseignera la voie de la justice et t'encouragera sur la voie du martyre. Il a été nommé pour te guider. "
      En conséquence, saint Nicolas retourna à Jérusalem, rencontra le moine que Dieu avait nommé, et l'informa de ce qui avait été révélé. La Très Sainte Génitrice de Dieu et saint Jean-Baptiste apparurent au père spirituel de saint Nicolas, qui priait intensément pour obtenir des conseils, et ils lui dirent que c'était la volonté du Seigneur pour Nicolas de se rendre à Damas.
      Alors à Damas, le Père saint entra dans une mosquée et confessé ouvertement le Christ comme Sauveur, réprouvant les personnes présentes pour leur folie. Les musulmans en colère saisirent saint Nicolas, le battirent, et le jetèrent en prison. Après une grande lutte, le Métropolite et les chrétiens locaux réussirent à le récupérer en captivité, mais il retourna immédiatement vers les musulmans et recommença à dénoncer leurs manières impies. Encore une fois ils le battirent sans pitié, lui donnèrent cinq cents coups de fouet, et le jetèrent en prison pour la deuxième fois. Mais les blessures du saint martyr furent guéries par l'intercession miraculeuse de saint Jean-Baptiste, et après deux mois, il fut libéré de prison.
      Par hasard, l'émir de la ville aperçut saint Nicolas alors qu'il se préparait à retourner à Jérusalem. L'émir le reconnut et l'envoya à Dengiz, l'émir des émirs. Dengiz le flatta et lui offrit de se convertir à l'Islam, mais saint Nicolas défendit vaillamment sa foi en Christ. En réponse, Dengiz ordonna son exécution.
      A l'heure dite par Dengiz, le bienheureux martyr tourné vers l'est, dans la joie inclina son cou sous l'épée, et pria: "Gloire à Toi, ô Christ notre Dieu, Qui m'a jugé digne de mourir pour l'amour de Ton Nom." L'épée transperça le cou, mais la tête coupée glorifia Dieu sept fois, en criant: "Gloire à Toi, ô Christ notre Dieu!"
      Les Perses brûlèrent le corps du saint, et pendant trois jours une colonne de lumière brilla à l'endroit où il reposait.
      Lorsque père spirituel de saint Nicolas entendit parler de son martyre, il pria Dieu de lui révéler si Nicolas serait compté parmi les saints. Puis un jour, alors qu'il lisait, il eut une vision d'une multitude de saints debout au sommet d'une montagne, illuminée et entourée d'un nuage d'encens. Parmi eux, le grand martyr Georges brillait d'un éclat particulièrement vif, et il appelait saint Nicolas, en disant: "Nicolas! Viens voir le moine, ton père spirituel. Il a versé beaucoup de larmes pour toi. "
      Nicolas salua son père spirituel, en disant: "Me voici, et l'endroit où je suis, et à partir de ce jour, cesse  de t'affliger pour moi."
      Saint Nicolas Dvali fut torturé à mort le mardi 19 octobre, en l'an 1314. L'Eglise géorgienne continue à lui rendre hommage à cette date.

En recherchant leur protection. l'Eglise honore les saints Pères Prokhore, Luc, Nicolas et tous les Pères craignant Dieu qui ont œuvré aux monastères géorgiens de Jérusalem, et qui, par leurs vies de justes sont montés aux Cieux. Par les prières de nos saints Pères, Seigneur Jésus-Christ notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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Fête de l'Icône de la Mère de Dieu d'Iviron



Fête le 12/ 25 février

Pendant le règne de l'empereur Théophile (829-842), l'empire byzantin fut ravagé par l'hérésie de l'iconoclasme. En accord avec l'ordre de l'empereur, des milliers de soldats pillèrent l'empire, fouillant chaque recoin,ville et village à la recherche d'icônes cachées.
Près de la cité de Nicée, vivait une certaine veuve pieuse qui avait caché une icône de la Très Sainte Génitrice de Dieu. Sous peu, les soldats la découvrirent, et un d'entre eux perça de la lance l'image. Mais par la grâce de Dieu, sa terrible action fut masquée par un miracle: du sang jaillit du visage de la Mère de Dieu. Les soldats effrayés s'enfuirent rapidement.
La veuve passa toute la nuit en veille, priant devant l'icône de la Très Sainte Mère de Dieu. Au matin, selon la volonté de Dieu, elle prit l'icône jusqu'à la mer , et la jeta sur l'eau. La sainte icône resta debout sur les vagues et commença à voguer vers l'ouest.
Le temps passa, et un soir, les moines du monastère d'Iviron au Mont Athos, virent une colonne de lumière, brillant sur la mer comme le soleil (vers l'an 1004).Ce miracle de l'image dura plusieurs jours, tandis que les Pères de la Sainte Montagne se rassemblaient, s'émerveillant. Finalement. ils descendirent au bord de la mer où ils virent la colonne de lumière devant l'icône de la Génitrice de Dieu. Mais quand ils approchaient de l'icône, l'icône se retirait en  mer.
En ce temps-là, un moine géorgien nommé Gabriel œuvrait au monastère d'Iviron. La Génitrice de Dieu apparut aux Pères de la Sainte Montagne, et leur dit que Gabriel seul, était digne de récupérer la sainte icône de la mer.  Au même moment, elle apparut à Gabriel et lui dit: " Entre dans la mer, et marche sur les vagues avec foi, et tous seront témoins de mon amour et de ma miséricorde pour votre monastère."
Les moines du Mont Athos trouvèrent Gabriel au Monastère géorgien et le conduisirent à la mer, en chantant des hymnes et en l'encensant. Gabriel marcha sur les eaux comme à pied sec, prit l'icône dans ses bras, et avec obéissance, la rapporta jusques au rivage.
Le miracle eut lieu un Mardi Lumineux.
Tandis que les moines célébraient une paraclèse de remerciement, une source d'eau fraîche et douce d'eau jaillit du sol où se tenait l'icône. Après cela, ils amenèrent l'icône dans une église et la mirent avec grande révérence dans le sanctuaire.
Mais le matin suivant, un des moines vint allumer une lampade, et découvrit que l'icône n'était plus là où ils l'avaient laissée; maintenant elle était sur un mur, près de la porte d'entrée. Les moines incrédules la décrochèrent et la remirent dans le sanctuaire, mais le jour suivant, l'icône fut à nouveau retrouvée à la porte du monastère. Le miracle eut lieu plusieurs fois., jusque'à ce que la Très Sainte Vierge apparaisse à Gabriel et lui dise: " Annonce aux frères qu'à partir de ce jour, ils ne doivent plus m'enlever d'ici. Car ce que je désire ce n'est pas d'être protégée par vous, mais plutôt de vous protéger, moi, dans cette vie, et dans le siècle à venir. Tant que vous verrez mon icône dans le monastère, la grâce et la miséricorde de mon Fils ne vous manqueront pas!"
Empli d'une grande joie, les moines érigèrent une petite église près de la porte du monastère, pour glorifier le Très Sainte Génitrice de Dieu, et y placèrent l'icône miraculeuse.
La sainte icône en vint à être connue comme "l'icône de la Mère de Dieu d'Iviron", et en grec comme Portaïtissa (Icône du Portail ou de la Porte). Par la grâce de l'icône miraculeuse de la Génitrice de Dieu d'Iviron, de nombreux miracles eurent lieu, et continuent à avoir lieu dans le monde entier.

Ô Génitrice de Dieu, la grâce de ta sainte icône guérit nos nombreuses afflictions, et chasse les esprits impurs, et toute langue chante ta louange, ô Portaïtissa  


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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samedi 23 février 2019

Vénérable Jean (Ioane) de Tchimtchimi le Philosophe ( XII-XIIIe siècle)


Fête le 10/23 février

Peu d'informations ont été préservées concernant la vie de saint Jean (Ioane) de Tchimtchimi, mais nous savons qu'il fut un grand traducteur, philosophe et défenseur de la foi chrétienne géorgienne.
Jean reçut son éducation dans ce qui est à présent la Bulgarie dans la célèbre école littéraire du monastère géorgien de Pétritsoni (près de Batchkovo).
Un historien écrit: " Dans son éloge funèbre pour la mort du saint roi Démètre,Jean le Philosophe de Tchimtchimi a brillamment décrit la gloire. l'honneur et l'héroïsme de la vie de ce saint homme."
Saint Jean traduisit de nombreuses compositions exégétiques, y compris deux commentaires du livre de l'Ecclésiaste, l'un par Mitrophane de Smyrne, et l'autre par Olympiodore d'Alexandrie. Il traduisit aussi Une explication de l'Evangile selon saint Marc et Une explication de l'Evangile selon saint Luc, deux ouvrages du Bienheureux Théophylacte de Bulgarie.
Les œuvres de notre Père saint Jean de Tchimtchimi sont fondamentaux dans le canon de la littérature théologique géorgienne.
Dans son ouvrage Pèlerinage, l'éminent historien du XVIIIe siècle , l'archevêque Thimothée (Timote) [Gabachvili], mentionne Jean de Tchimtchimi parmi les saints Pères représentés dans les fresques du Monastère de la Sainte Croix à Jérusalem.
Dans le seconde moitié du XIXe siècle, l'historien Mose Janachvili, écrit dans son Histoire de l'Eglise Géorgienne, que Jean de Tchimtchimi a dirigé une école littéraire dans le village de Gremi de Kakhétie. Selon Janachvili, les étudiants de l'école de saint Jean. étaient instruits en Philosophie et théologie, aussi bien qu'en langues grecque, syrienne, et arabe.

Tu as gravi le sommet de la vertu, ô Père Jean agréable à Dieu. Prie le Christ Jésus, Chef de l'Eglise, de nous compter aussi parmi les rangs des justes.


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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mardi 19 février 2019

Vénérable Arsène d'Iqalto (1127)


Fête le 6/19 Février

Saint Arsène (Arsen) d'Iqalto était traducteur, chercheur, compilateur de manuscrits, hymnographe, philosophe, et grand défenseur de la foi chrétienne géorgienne. Son père était Ibadi Vachnadzé, un sage, savant qui parlait couramment la langue grecque. Il dirigea l'académie du monastère d'Iqalto et fut instructeur du saint roi David (Davit) le restaurateur.

Peu de détails sur la vie de saint Arsène ont été conservés, mais nous savons qu'il vécut dans les 11e et 12e siècles et qu'il était un jeune contemporain de Saint Ephrem (Eprem) le Minime. Il a obtenu son éducation primaire et supérieure à Byzance, au monastère de Mangana, qui avait été fondé par l'empereur byzantin Constantin Monomaque IX (1042-1055). À l'académie il  compléta un de ses projets les plus importants: une traduction de la Chronique de l'historien byzantin George Hamartolus. L'œuvre d'Hamartolus compte neuf volumes de l'histoire d'Adam à l'année 842 après Jésus-Christ. Toujours à Mangana, Arsène traduisit un volume d'écrits dogmatiques polémiques, en géorgien et intitula son œuvre Dogmatikon. Dans les années qui suivirent, des ouvrages traduits par d'autres auteurs furent ajoutés au livre.

Après avoir terminé ses études au monastère de Mangana, Arsène alla vers la Montagne Noire près d'Antioche pour poursuivre ses travaux sous la direction du saint Ephrem le Minime. Après le repos en Christ de saint Ephrem, il revint au monastère de Mangana poursuivre ses traductions. 
En 1114 le roi David le Restaurateur fit revenir Arsène en Géorgie, à l'Académie occidentale de Gelati. C'est là qu'il traduisit Le Nomocanon (collection byzantine de lois ecclésiastiques) en géorgien à partir de l'original grec. 
Arsène retourna plus tard à Kakhétie dans l'est de la Géorgie, où il fonda une académie au monastère d'Iqalto. Il participa également au Concile de Ruisi-Urbnisi, qui avait été convoqué par le roi David le Restaurateur. Un des biographes du roi David écrivitt qu'il avait invité "Arsène d'Iqalto, traducteur et interprète des langues grecque et géorgienne et illuminateur de nombreuses églises."

Arsène était présent au repos en Christ du roi David le Restaurateur, et on pense qu'il composa l'épitaphe du roi: 

J'ai nourri sept rois avec ma richesse, 
Chassé les Turcs, les Perses et les Arabes hors de nos frontières, 
Déplacé les poissons d'une rivière à l'autre, 
Et, après avoir accompli toutes ces choses,
J'ai mis mes mains sur mon coeur et je suis mort.

Le «théologien, philosophe, physicien, anatomiste, écrivain d'allégories et de versets, le poète épique, et le compilateur des typika de l'Église" Arsène fut enterré dans Iqalto à côté de saint Zénon, fondateur du monastère d'Iqalto.

Ô notre Père saint Arsène, toi qui eus part aux souffrances du peuple géorgien, écoute nos prières et intercède avec la Très Sainte Trinité, afin de nous rendre dignes de Sa Gloire!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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dimanche 17 février 2019

Vénérable Evagre, gouverneur de Tsikhedidi et compagnon d'ascèse de saint Shio de Mgvime




Mémoire le 4/17 février

Saint Evagre naquit de parents pieux et craignant Dieu qui lui lisaient les Saintes Ecritures dès son plus jeune âge. Quand il devint adulte, Evagre devint gouverneur de Tsikhedidi.

VIème siècle

Un jour Evagre alla chasser dans les monts Sarkineti où saint Shio de Mgvime s'était établi. Tandis qu'il chassait, ses compagnons se dispersèrent dans de nombreuses directions et il resta seul pour surveiller les environs. Là, il vit un oiseau qui ressemblait à une colombe qui apportait de la nourriture au père Shio et il nota l'endroit où il se posa. Le jour suivant, il localisa la caverne de l'ermite.



Etonné par l'ascèse stricte de père Shio, saint Evagre fut rempli d'une sainte envie d'imiter l'ermite et il lui dit: " Dieu est vivant en vérité. Je ne te quitterai pas. Je ne retournerai pas d'ou je viens." Saint Shio lui conseilla de se méfier d'une telle décision impulsive, car il serait très difficile pour un homme ayant vécu dans le luxe de commencer soudain une nouvelle vie dans le désert. Mais Evagre lui répondit avec fermeté: " Même si cela signifie que je dois mourir ici avec toi aujourd'hui, je ne quitterai pas ce lieu."


Afin d'éprouver sa foi, saint Shio confia son bâton et lui donna les instructions suivantes: Met mon bâton dans la rivière Mktvari: il partagera l'eau et te fera un gué par lequel tu pourras traverser à pieds secs. Ferme ta maison et reviens vers moi. Sur le chemin du retour, quand tu atteindras la rivière Mktvari, utilise à nouveau mon bâton pour te faire un gué. Si cela échoue, alors continue à vivre comme tu le faisais auparavant. Cela signifierait que ce n'est pas la volonté de Dieu que tu accomplisses ton désir.

Avec obéissance, Evagre prit le bâton de saint Shio et en toucha l'eau de la rivière Mktvari. La rivière s'ouvrit et il traversa pour aller de l'autre côté.

Etant retourné au palais, Evagre distribua toutes ses possessions aux pauvres, ferma sa maison et repartit pour retrouver saint Shio. Il accomplit le même miracle à son retour: la rivière s'ouvrit en deux et le fidèle Evagre traversa.

Père Shio tonsura Evagre moine et l'ancien gouverneur s'installa près de la caverne du saint père. Là, il apprit à être patient et attentif et comment prier tandis qu'il acquerrait d'autres vertus, fruits de ses labeurs ascétiques.

Saint Shio prévoyant que le nombre de moines dans le désert allait augmenter, il construisit une église pour eux en un lieu que Dieu lui avait révélé. Les grands dons des saints pères furent bientôt découverts et de nombreux pèlerins voyagèrent aux monts Sarkineti pour recevoir leur bénédiction. Quand le roi Parsman apprit, avec retard, que le chef de son armée avait été tonsuré moine, il en fut très chagriné et se rendit personnellement dans le désert de saint Shio. Il espérait faire revenir Evagre dans le monde, mais le bienheureux père lui répondit avec la sobriété monastique qui le caractérisait: " O Roi! Pourquoi me déranges-tu, moi qui suis né pour servir Dieu, en me demandant de devenir comme le chien qui retourne à ses vomissures (Proverbes 26:11)?
La réputation de saint Shio, d'Evagre et des autres lutteurs de sainteté se répandit à travers la Géorgie, et beaucoup de laïcs eurent l'inspiration de rentrer dans la vie monastique.
Après plusieurs années, saint Shio devenu vieux, rassembla la communauté des moines autour de lui: " Vous devez choisir l'un d'entre vous pour diriger cette communauté. A partir de maintenant, je vais travailler dans le puits que j'ai préparé pour ma tombe " leur dit-il. Les frères furent très affectés d'avoir à se séparer de leur maître bien aimé et ils lui demandèrent en vain de rester au monastère. Enfin, ils demandèrent au père Shio de nommer un successeur, et il choisit Evagre comme nouvel higoumène.
L'humble et gracieux Evagre émit une objection, considérant qu'il n'était pas capable d'assumer une responsabilité aussi difficile. Il supplia saint Shio de reconsidérer sa décision, mais le staretz lui répondit simplement:" Si tu consens à faire notre volonté, tu recevras une joyeuse récompense de Dieu: quand Il reviendra dans Sa gloire, Il te rétribuera pour ton obéissance."
Finalement saint Evagre accepta le conseil de son maître et, à partir de ce jour, il dirigea les activités du monastère avec l'aide de Dieu.

Tu fus sanctifié, ô Evagre, Père des Pères
Car Dieu Lui-même demeura dans ton cœur pur! 
Prie-Le de purifier nos âmes.

in Archpriest Zakaria Machitadze, 
Lives of the Georgien Saints
St. Herman of Alaska Brotherhood, 2006
Version française Claude Lopez-Ginisty

lundi 11 février 2019

SAINT ROI MARTYR ACHOT KOUROPALATES (+829)

St. Ashot Kuropalates of Tao-Klardjeti

Mémoire le 26 janvier/11 février/ 

En l'an 786, Achot, fils d'Adarnerse, monta sur le trône de Kartli. Dès le début de son règne, il se battit farouchement pour la réunification de la Géorgie. Sa première étape consista à tirer parti de la lassitude des musulmans arabes et de les bannir de Tbilissi.
      Trois années passèrent et, sous la direction d'un nouveau dirigeant, les musulmans revigorés, commencèrent à pourchasser Achot. Le roi fut obligé de fuir après avoir tardé à prendre des mesures contre eux. L'ennemi avait de nouveau conquis Tbilissi.
      Achot fut contraint de quitter Kartli, et il partit pour Byzance avec sa famille et sa petite armée. Les réfugiés se rendirent jusques à Djavakheti dans le sud de la Géorgie et s'arrêtèrent près du lac de Paravani pour se reposer. Mais pendant qu'ils dormaient, une armée sarrasine assaillit le camp. L'armée du roi fut condamnée, mais "Dieu aidé Achot Kouropalates et sa maigre armée. Il leur donna la puissance, et ils ont vaincu un ennemi en grande supériorité numérique." Le roi fut profondément ému par l'intervention miraculeuse de Dieu et il décidé que, plutôt que de se mettre en chemin pour Byzance comme il l'avait prévu, il resterait dans la région de Chavshet-Klarjeti.
      A cette époque, le sud de la Géorgie souffrait de grandes calamités. Une épidémie de choléra intensifiait les luttes d'un peuple ravagé par un ennemi impitoyable. Très peu survécurent, mais ce reste impuissant et las accepta Achot Kouropalates comme son nouveau chef, et le roi commença tout de suite à restaurer la région.
      Achot Kuropalates restaura le château d'Artanuji, qui avait initialement été construit par le roi Vakhtang Gorgasali et plus tard ravagé par le général Arabe Marwan "le sourd". Achot fonda une ville voisine et la proclama résidence de la famille royale de Bagrationi Klarjeti. Il construisit également un église en l'honneur des saints Pierre et Paul. Comme il est écrit: "Dieu a accordé à Achot Kouropalates une grande puissance et beaucoup de victoires."
      La région de Klarjeti prit une vie nouvelle, et grâce aux efforts de saint Grégoire (Grigol) de Khandzta et ses compagnons, l'ancienne friche fut transformée en un quartier animé avec des églises, des monastères et des écoles. Les nobles géorgiens commencèrent bientôt à voyager à Klarjeti à à forger l'avenir de leur nation avec le roi Achot et les autres dirigeants qui craignaient Dieu.
     Achot Kouropalates n'était pas seulement un chef qui fit vigoureusement campagne pour l'unification de la Géorgie, c'était vraiment un homme pieux d'esprit. Avec grand honneur et joie,  il fut l'hôte du Père Grégoire de Khandzta, homme "céleste et ange terrestre." Père Grégoire bénit le royaume d'Achot et son héritage.
      À ceux qui œuvraient au monastère de Khandzta, Achot Kouropalates accorda les meilleures terres, y compris Shatberdi, pour servir de propriétés rurales, qui fournissaient la nourriture pour le monastère. Ses enfants, Adarnerse, Bagrat et Guaram plus tard, donnèrent une grande partie de leur fortune pour le renouveau des monastères dans le désert de Klarjeti. (1) 
      Mais après quelque temps, le roi Achot habituellement vertueux tomba amoureux d'une certaine femme. Il oublia son honneur, ses réalisations et sa fidélité à Dieu et la nation et l'emmena au château d'Artanuji, domaine qui avait été construit pour la reine. Saint Grégoirel, cependant, entendit parler de cette relation adultère du roi et en devint extrêmement triste.
      Il confronta le roi à son comportement, et Achot désespéré promis de quitter la femme, mais il ne pouvait se résoudre à remplir sa promesse. Alors Père Grigol l'emmena au monastère de Mere et la remis à l'higoumène, Mère Fébronie (Pebronia), sans le dire à Achot. Après avoir entendu ce qui s'était passé, le roi Achot plaida avec Mère Fébronie pour qu'elle lui rende la femme, mais l'higoumène refusa. A la longue,Achot ls'inclina devant moniale et se repentit, en disant: "Heureux l'homme qui n'est plus en vie dans ce monde. "
      Le roi redécouvrit son amour pour Dieu et pour son pays, et il se prépara à retourner à Kartli. Mais ses plans furent déjoués quand un certain guerrier musulman du nom de Khalil envahi, conquit les terres de Kartli, d'Hereti et de Kvemo Kartli.
      Achot envoya ses hommes  rassembler une armée, mais avant que les troupes n'aient été rassemblées, les Sarrasins attaquèrent et le forcèrent à fuir. Le roi se rendit ensuite à la Gorge de Nigali avec l'intention d'agrandir son armée. Certains des soldats conscrits s'avérèrent être des traîtres , et quand le roi découvrit la trahison, il était déjà trop tard. Il se caché dans une église, mais les impies le trouvèrent et le poignardèrent à mort dans le sanctuaire. "Ils l'ont assassiné sur l'autel, comme on abat un agneau de sacrifice , et son sang y reste jusque à ce jour", écrit Soumbat, le fils de David, dans son livre Vies des Bagration.
      Ainsi, le premier roi, Bagration "un croyant, par lequel l'héritage du peuple géorgien fut créé", a également été un martyr. Les Géorgiens ont pris leur revanche sur les assassins de leur roi bien-aimé. Quand le peuple de Doliskana entendit dire qu'Achot avait été tué, ils poursuivirent ses meurtriers et les tuèrent près de la rivière Tchorokhi. Le vénérable Grégoire et le peuple géorgien pleurèrent amèrement la perte de leur roi et de leur espérance. Les Les reliques de saint Achot furent enterrées dans l'église des Saints Pierre et Paul qu'il avait lui-même construite.

Ô glorieux saint martyr Acho Kouropalates, prie le Christ qui illumine les hommes de Son rayonnement, pour sauver les enfants de Son Eglise!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in




(1) უდაბნო /Oudabno en géorgien. Traduit par "désert", ces lieux déserts où les ermites et leurs demeures attiraient souvent les moines et les pieux laïcs, alors que la renommée de ces saints hommes se propagageait. Au cours des siècles, avec la fondation de nombreux monastères, ces déserts sont devenues de véritables villes et conservèrent seulement le nom de "désert" dans un sens figuré