Biographies des héros spirituels de la terre de Géorgie, moniales, moines, ascètes, martyrs, clercs ou laïcs qui ont fait briller sur elle la Lumière du Christ!
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dimanche 31 janvier 2021

VÉNÉRABLE HEROMOINE ALEXIS (CHOUCHANIA) († 1923)


Mémoire le 18/31 janvier

Saint Alexis (Chouchania) est né le 23Septembre 1852, dans le village de Noqalaqevi, dans le district de Senaki de Samegrelo, dans un couple de pieux chrétiens. Son père mourut en 1868, après avoir donné au futur hiéromoine de seize ans sa bénédiction pour s'occuper de la famille.

Dans la même année où son père est mort, Alexis se rendit à Jérusalem en pèlerinage, et de là à Constantinople pour rendre visite à son oncle, lslam Chouchania, marchand prospère et homme intelligent et pieux. Au cours de cette visite, Alexis est devenu fasciné par l'industrie du commerce et a décidé de devenir marchand lui aussi. Mais il allait bientôt découvrir que la volonté de Dieu était différente de la sienne.

Un jour, Alexis emprunté une petite icône de saint Jean-Baptiste à son oncle, s'enferma dans sa chambre, et il commença à éprouver une grande guerre intérieure. Il fut touché par un amour profond pour sa mère, ses sœurs, ses frères et amis, mais en même temps, il sentit une force invisible qui l'appelait à la vie spirituelle.

Après plusieurs heures angoissantes, Alexis se demanda finalement: "Comment puis-je accomplir la volonté de mon père? Il m'a confié la responsabilité de m'occuper de la famille, comment puis-je concilier cela avec l'appel de Dieu? "À son grand étonnement, un instructeur invisible lui répondit, en disant:" Si tu meurs maintenant, qui prendra la relève de tes responsabilités? "

La réponse était claire. "Dieu!" s'exclama Alexis. Et il entendit à nouveau la voix.

"Alors, meurs au monde, confie tout à Dieu, et Il s'occupera de ta famille."

La rencontre transforma la vie d'Alexis. Ensuite, il s'enferma dans sa chambre pendant des mois, lisant les Saintes Ecritures, et gardant un jeûne strict. Témoin de ce changement radical dans la façon de vivre d'Alexis, son oncle pensa qu'il serait préférable pour eux de quitter Constantinople et de retourner en Géorgie.

Il ne fallut pas longtemps avant que les proches d'Alexis ne se rendent compte qu'il avait fait une alliance avec Dieu, et qu'il allait entrer dans la vie monastique. Ses frères et sœurs étaient affligés en entendant les nouvelles, mais sa mère rendit grâce à Dieu et bénit son fils.

À l'âge de vingt ans, Alexis alla au monastère féminin de Teklati. Il commença à mener une vie ascétique rigoureuse et alla de village en village, prendre soin des personnes malades de la tuberculose, du choléra et d'autres maladies graves, et d'enterrer les cadavres des sans-abri.

Plusieurs années passèrent, et beaucoup devinrent convaincus qu'Alexi était un fole-en-Christ. Il prêchait la Parole de Dieu avec intensité, et sa vie était un exemple pour beaucoup. Sa prédication inspira sa mère, Hèléne, sa sœur cadette Salomé, et son frère Bessarion le rejoignirent dans la vie monastique. Après qu'il fut tonsuré moine, Bessarion fit un pèlerinage à Jérusalem et y resta pendant plusieurs années. En raison de son service exemplaire au Seigneur, il fut ordonné prêtre au monastère de Martvili. Plus tard, il fut tonsuré dans le grand schème.

Alexis passa également du temps sur le Mont Athos. Après son retour de la Sainte Montagne, il fit un pèlerinage au monastère des grottes de Kiev,  puis revint en Géorgie pour poursuivre ses labeurs spirituels.

Autour de l'année 1885 saint Alexis déménagé à monastère de Gelati, où il continua à étudier et produitre plusieurs œuvres originales. En 1886, il fut réaffecté au monastère de Khobi et ordonné diacre par l'évêque Grégoire (Grigol), et en 1888, il fut ordonné hiéromoine. Deux ans plus tard, en 1890, il tomba malade et retourna auprès de sa mère et ses sœurs au monastère de Teklati.

Selon la volonté de Dieu son état de santé fut restauré, et en 1891, Alexis façonna une cellule pour lui-même dans le village montagneux de Menji (aussi appelé " Collines des Archanges"), près de l'endroit où il était né. Il rassembla ses disciples et entreprit une vie ascétique rigoureuse. La  santé de Père Alexis s'améliora, de sorte qu'il put célébrer à nouveau les offices divins. Le saint père recevait l'aumône, mais il distribuait plus quee ce qui lui avait été donné. Il divisait les aumônes en trois parties: la première il la mettait de côté pour ses besoins personnels, la seconde, pour l'Église et ses invitéss, et le troisième, pour les pauvres et les infirmes.

Saint Alexis gardait une croix grandeur nature dans sa cellule, et quand il priait, il soutenait la croix sur son dos, car elle lui rappelait la position dans laquelle saint Simon de Cyrène porta la Sainte Croix du Christ pour la Crucifixion sur le Golgotha.

En dépit sa vie ascétique rigoureuse, le hiéromoine Alexis fut remarquablement proche des gens de sa communauté et il fut aimé par beaucoup pour la chaleur spirituelle qui émanait de lui.

Après de nombreuses années la vie ascétique rigoureuse demanda son dû à la santé du Père Alexis. Il renvoya ses élèves et passa les dernières années de sa vie terrestre (à partir vers l'an 1915) avec ses cousines, les moniales du grand schème Akepsima et Pasto. Saint Alexis reposa en Christ le 18 janvier 1923, frêle d'une longue vie de travail, placée au service du Seigneur.

Pendant quarante jours après sa mort, les moniales du grand schème Akepsima et Pasto restèrent dans sa cellule, de peur que les sbires du gouvernement communiste ne détruisent son humble demeure. Plus tard, elles enterrèrent le corps de Père Alexis à Teklati, et se mirent au labeur spirituel au monastère des Archanges. Avec la bénédiction du métropolite Ephrem de Batoumi-Chemokmédi et Chqondidi, la moniale du grand schème Akepsima et l'higoumène Pasto firent la translation des reliques incorrompues de Père Alexis de Teklati au monastère des Archanges et les enterrèrent près du mur Est du temple, le 8 janvier 1960. Saint-Alexis a été glorifiéé le 18 septembre 1995.

Les cieux au-dessus étaient exaltés par la sainteté, ô Père saint Alexis, et avec les neuf rangs des anges tu as glorifié la Très Sainte Trinité. Intercéde auprès du Christ pour sauver nos âmes!


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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jeudi 28 janvier 2021

SAINTES SALOME D'OUJARMA ET PEROJAVRA DE SIVNIA (4ème siècle)


Mémoire le 15/28 janvier


Saintes Salomé d'Oujarma et Pérojavra de Sivnia furent les aides et les plus proches compagnes de sainte Nina (ou Nino), Illuminatrice de la Géorgie. Sainte Nino même les avait converties à la foi chrétienne. 
Salomé était la femme de Revi, fils du roi Mirian et Perojavra était mariée au gouverneur de la région de Kartli. Les deux femmes étaient reines, mais elles réussirent à servir sainte Nina, tout en conservant leurs rôles impériaux. Sainte Nina leur apprit à prier, et les femmes jeûnèrent régulièrement et accomplirent bonnes œuvres. En raison de leur statut social influent, les deux reines étaient en mesure d'aider sainte Nina énormément pour la propagation de la foi chrétienne.
Après la conversion de Kartli, sous l'inspiration de sainte Nina et par l'ordre du roi Mirian, sainte Salomé érigea une croix à Oujarma dans la région de Kakhétie.
Lorsque sainte Nina tomba malade dans le village de Bodbé, les reines Salomé et Perojavra se tinrent près de son lit et pleurèrent amèrement d'avoir à se séparer de leur maîtresse et guérisseuse bien-aimée. Elles supplièrent sainte Nina, qui achevait ses dernières heures sur terre, en disant: "Dis-nous, notre reine, comment es-tu venue dans notre pays pour libérer nos âmes, et où as-tu été élevée? Dis-nous comment poursuivre tes bonnes œuvres. Toi qui nous as délivrées de l'esclavage de l'Ennemi, dis-nous, que ferons-nous? "
D'après les informations que sainte Nino leur fournit alors, saintes Salomé et Perojavra écrivirent La Vie de saint Nina, Illuminatrice de Géorgie. 
L'Eglise Orthodoxe Apostolique de Géorgie les commémore le 15 janvier, le lendemain de la commémoration de saint Nina.

Ô Saintes Salomé et Perojavra, qui vous tenez devant le Christ, notre Roi et notre Dieu, ayezpitié de nous et sauvez-nous!



Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006

mercredi 27 janvier 2021

Sainte Nina ( ou Nino) Egale-aux-Apôtres, illuminatrice de la Géorgie

Mémoire le 14/27 janvier
La Vierge Nina de Cappadoce, était parente du grand martyr Georges, elle était la fille unique d'un couple très honorable et respecté. Son père était un officier de l'armée romaine du nom de Zabulon et sa mère, Sosana était sœur du patriarche de Jérusalem Juvénal.

Quand Nina atteignit l'âge de douze ans, ses parents vendirent tous leurs biens et allèrent à Jérusalem. peu après, son père fut tonsuré moine. Il fit ses adieux à sa famille et partit lau combat spirituel dans le désert du Jourdain.

Après que sa mère soit séparée de son époux, le patriarche de Jérusalem ordonna Sosana diaconesse. Elle laissa sa fille Nina entre les mains d'une vieille femme Sara Niaphor qui l'éleva dans la foi chrétienne et lui raconta des épisodes de la vie du Christ et de Ses souffrances sur terre. Ce fut par Sara que Nina sut comment la Tunique du Christ était arrivée en Géorgie, terre païenne.

Bientôt Nina commença à prier avec ferveur la Mère de Dieu, lui demandant Sa bénédiction pour voyager en Georgie et être digne de vénérer la sainte Tunique qu'elle avait tissée pour Son Fils bien aimé. La Très Sainte Vierge entendit ses prières et apparut en songe à Nina, lui disant: " Va dans ce pays qui me fut donné en apanage et prêche l'Evangile de notre Seigneur Jésus-Christ. Il enverra sur toi Sa grâce et je serai ta protectrice.

Mais la bienheureuse Nina fut écrasée à la pensée d'une aussi grande responsabilité et répondit: " Comment moi, frêle femme, pourrais-je accomplir une si lourde tâche, et comment puis-je être assurée que cette vision est réelle?" En réponse, la Mère de Dieu luii présenta une croix faite de sarments de vigne et dit: " Reçois cette croix comme un bouclier contre les ennemis visibles et invisibles!"

Quand elle se réveilla, Nina tenait cette croix dans ses mains. Elle l'arrosa de ses larmes de joie et la lia avec ses propres cheveux.

Nina raconta cette vision à son oncle le patriarche Juvénal et lui révéla son désir de prêcher l'Evangile en Georgie. Juvénal l'amena près des portes royales, lui imposa les mains et pria ainsi: " O Seigneur, Dieu d'Eternité, je Te supplie pour ma nièce orpheline, accorde que selon Ta volonté, elle puisse aller prêcher et proclamer Ta sainte résurrection. O Christ Dieu, sois son guide, son refuge et son père spirituel. Et ainsi que Tu illuminas les apôtres et tous ceux qui craignaient Ton Nom, illumine la aussi avec Ta sagesse pour qu'elle proclame Ta Bonne Nouvelle."

Quand Nina arriva à Rome, elle rencontra la Princesse Rhipsimia et sa nourrice Gaiana et les baptisa. En ces temps, Dioclétien était empereur de Rome et en gouverneur infame, il persécutait les chrétiens. Dioclétien ( 286-344) tomba amoureux de Rhipsimia et résolut de l'épouser, mais sainte Nina, Gaiana et cinquante autres vierges s'échappèrent en Arménie. Dioclétien furieux, ordonna à ses soldats de les poursuivre et envoya un message à Tiridates, le roi arménien ( 246-344) pour l'avertir.

Le roi Tiridates localisa les femmes et suivant l'exemple de Dioclétien, fut charmé par la beauté de Rhipsimia et résolut lui aussi de l'épouser. Mais Rhipsimia ne consentit point à l'épouser et dans sa rage, le roi la fit torturer à mort avec Gaiana et les cinquante autres vierges.

Sainte Nina, cependant était préparée pour une autre tâche plus grande, et elle parvint à échapper à la persécution du roi Tiridates en se cachant dans un buisson de roses.

Quand elle arriva enfin en Géorgie, sainte Nina fut saluée par un groupe de Pèlerins de Mtskheta près du lac Paravani et elle reçut une bénédiction de Dieu pour prêcher aux païens de cette région.

Avec l'aide de ces nouvelles connaissances, sainte Nina atteignit bientôt la ville d'Urbnisi. Elle y demeura un mois, puis alla à Mtskheta avec un groupe de géorgiens qui faisaient un pèlerinage pour vénérer l'idole païenne Armazi. Là, elle vit avec grande tristesse les géorgiens tremblants devant les idoles. Elle fut très peinée et pria ainsi le Seigneur: " O Seigneur, envoie Ta miséricorde sur cette nation...que toutes les nations Te glorifient, Toi seul, le Dieu Unique et Véritable, par Ton Fils Jésus-Christ."

Soudain, un vent violent commença à souffler et de la grêle tomba du ciel, brisant les statues païennes. Les adorateurs d'idoles terrifiés, s'enfuirent, s'éparpillant dans toute la cité.

Sainte Nina fit son logis sous un buisson de ronces dans le jardin du roi, avec la famille du jardinier royal. Le jardinier et sa femme étaient sans enfants, mais par les prières de sainte Nina, Dieu leur accorda un enfant. Le couple se réjouit grandement, déclarant que le Christ était le Vrai Dieu, et ils devinrent disciples de sainte Nina. Où qu'elle aille, ceux qui l'entendaient prêcher se convertissaient en grand nombre à la foi chrétienne. Sainte Nina guérit même la reine Nana qui était atteinte d'une maladie mortelle, après qu'elle eût déclara que le Christ était le Vrai Dieu.

Le roi païen Mirian, n'était pas heureux de la grande impression que produisait la prédication de sainte Nina sur la nation géorgienne. Un jour, alors qu'il chassait, il résolut de tuer tous ceux qui suivaient le Christ. Selon son plan misérable, même son épouse la reine Nana devrait faire face à la mort, si elle ne reconçait pas à la foi chrétienne.

Mais pendant la chasse, le ciel s'assombrit soudain. Resté tout seul, le roi Mirian fut très effrayé et pria en vain les dieux païens de venir à son secours. Comme ses prières restèrent sans réponse, il perdit finalement espoir et se tourna vers le Christ disant: " Dieu de Nina, illumine cette nuit pour moi, guide mes pas et je proclamerai Ton Saint Nom. J'érigerai une croix et je la vénèrerai et je construirai pour Toi un temple. Je jure d'être obéissant à Nina et à la foi du peuple romain!"

Soudain la nuit fut transfigurée, le soleil brilla radieusement et le roi Mirian remercia grandement le Créateur. Quand il revint à la cité, il informa immédiatement sainte Nina de sa décision.

Ainsi, par les labeurs incessants de sainte Nina Egale-aux-Apôtres, la Géorgie fut établie comme une nation solidement enracinée dans la foi chrétienne.

Sainte Nina reposa dans le village de Bodbe en Géorgie orientale, et, selon sa volonté, elle fut enterrée là où elle poussa son dernier soupir. Le roi Mirian érigea plus tard une église en l'honneur de saint Georges au-dessus de sa tombe.

Comme un bon pasteur
Tu as baptisé la brebis perdue
Et conduit le peuple géorgien 
Vers le Dieu Vrai et unique
Ô sainte Nina intercède
auprès du Christ notre Dieu pour tes enfants.

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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dimanche 17 janvier 2021

Vénérables Pères Evagre, Elie (Ilia) le diacre, et les disciples des Pères Syriens 4 Janvier

Venerable Fathers Evagre, Ilia the Deacon, and the Disciples of the Thirteen Syrian Fathers

 4/ 17 janvier

      Les treize Pères syriens arrivèrent en Géorgie au 6ème siècle, après avoir reçu une bénédiction pour leur voyage de la Très Sainte Génitrice de Dieu. Ils s'installèrent sur le mont Zedazeni, menant une vie ascétique de prière et de jeûne. Leur chef spirituel, Jean (Ioane), les envoya alors pour accomplir de bonnes œuvres dans diverses régions de Géorgie. La fondation de plusieurs monastères et le renouveau de la vie monastique aujourd'hui en Géorgie sont liés aux noms des treize Pères syriens.
      Saint Jean envoya un de ses disciples, Shio, fils d'un noble d'Antioche craignant Dieu, prendre sa demeure à proximité dans les montagnes de Sarkineti. Par la grâce de Dieu, une colombe apporta de la nourriture à Shio dans les montagnes désertes où il œuvrait.
      Un certain gouvernant, Evagre de Tsikhedidi, allait souvent à la chasse dans la zone où Saint-Shio vivait. Lors de l'une de ses excursions, il rencontra le vénérable Shio et fut tellement impressionné par sa façon merveilleuse de vivre qu'il décida de rester avec lui. Saint Evagre renonça à tous ses biens et fut trouvé digne d'être nommé higoumène au moment de la mort de saint Shio.
      Saint Jean resta sur la montagne de Zedazeni avec un seul disciple, le saint diacre Elie (Ilia). Père Elie fut une grande consolation pour saint Jean dans ses infirmités. Saint Elie était lui aussi un grand ascète, œuvrant dans la prière, le jeûne et la mortification de la chair.
      La montagne sur laquelle ils vivaient était complètement dépourvue d'eau. Saint Elie travailla à la sueur de son front pour transporter l'eau de la rivière Aragvi, qui coule au pied de la Montagne de Zedazeni. En voyant les grands travaux ascétiques de son disciple, saint Jean pria Dieu avec  larmes pour qu'Il leur fournisse une source d'eau au-dessus de cette haute montagne. Dieu entendit la prière de son serviteur et une source d'eau délicieuse commença à couler.
      Saint Elie le diacre accompagnait souvent Saint Jean lors de ses voyages. Un jour, Père Jean
 l'emmena au monastère de saint Shio, et Elie le diacre, à sa demande, présenta à saint Jean un verre de vin dans le réfectoire. Saint Jean béni fit le signe de la croix sur la coupe, il l'éleva en l'air, pria Dieu, et la coupe resta en suspension dans l'air. Elle resta là où il l'avait placée, comme si elle était soutenue par une main invisible.
      Un jour, saint Elie alla à la source pour puiser de l'eau. Levant les yeux, il vit en face de lui un ours de taille énorme approchant de la source. Elie fut terrifié et, laissant son seau, se tourna et s'enfuit vers le moine du grand schème Jean pour lui parler de l'ours. Saint Jean suivi son disciple jusques au puits et vit  l'ours qui buvait de l'eau. Saint Jean humblement déclara: "Bois, si tu as soif et va t'en d'ici. Mais je te dis que désormais, toi et tes semblables n'oseront jamais faire de mal à personne sur cette montagne. "
En entendant les paroles du saint et inclinant sa tête comme un serviteur obéissant, l'ours quitta immédiatement la source. Et à ce jour, les animaux continuent d'obéir au commandement de saint Jean.
      Le saint diacre Elie resta avec saint Jean le reste de sa vie. L'Eglise Apostolique Géorgienne implore la protection du vénérable Evagre, d'Elie le diacre, et tous les bienheureux et pieux startsy qui vécurent avec les treize Pères syriens et continuèrent à œuvrer dans la sainteté jusques à la fin de leur vie.

Les puissances angéliques vous reçurent, ô vénérable Evagre et Elie le Diacre, qui êtes revêtus de majesté. Avec les anges, louez le Maître de toutes choses. Priez-Le d'avoir pitié de nos âmes!


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
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Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006



samedi 16 janvier 2021

Saint Euthyme Taquaichvili, "l'Homme de Dieu" ( +1953)




Saint Euthyme 3/16 janvier

Saint Euthyme  (Ekvtime Taqaichvili, appelé "l'homme de Dieu", est né le 3 janvier 1863, dans le village de Likhauri, dans le district Ozourgeti de Gouria, dans la noble famille de Syméon (Svimeon) Taqaishvili et Gituli Nakashidzé. Il devint orphelin à un jeune âge et futélevé par son oncle.


Dès la petite enfance saint Euthyme fit preuve d'une grande passion pour l'apprentissage. Après avoir terminé ses études au lycée du village, il s'inscrivit à l'école secondaire classique de Kutaisi. En 1883, il obtint une médaille d'argent et déménagea à Saint- Pétersbourg pour poursuivre ses études dans le département d'histoire et de philologie à l'Université de Saint-Pétersbourg. En 1887, après avoir terminé avec succès ses études et obtenu un diplôme en histoire, saint Euthyme retourna en Géorgie et commença à travailler dans le domaine universitaire. Sa foi profonde et son amour pour Dieu et sa patrie détermina chacun de ses pas tous dans ce métier exigeant et admirable.



En 1895 Euthyme épousa Nino Poltoratskaya, fille du célèbre avocat de Tbilissi Ivan Poltoratsky, qui était lui-même beau-frère et ami proche de saint Elie Tchavtchavadzé le Juste. Dès le début de sa carrière, saint- Euthyme commença à recueillir des matériaux historiques et archéologiques et ethnographiques de toute la Géorgie. Sa sphère d'intérêts académiques était large, comprenant l'historiographie, l'archéologie, l'ethnographie, l'épigraphie, la numismatique, la philologie, le folklore, la linguistique et l'histoire de l'art. Par-dessus tout, saint Euthyme s'efforça d'en apprendre davantage sur l'histoire  et la culture de la Géorgie en appliquant les théories et les méthodes de ces différentes disciplines pour son travail.



En 1889, saint Euthyme créa le Musée de  l'Exarchat de la Géorgie, dans lequel furent conservés les manuscrits anciens, les objets sacrés, des livres de théologie, et des copies de nombreuses fresques importantes qui avaient été retirées des églises anciennes. Ce musée joua un rôle majeur dans la redécouverte de l'histoire de l'Eglise géorgienne.



En 1907, saint Euthyme fonda la Société d'histoire et d'ethnographie de Géorgie. Parmi les nombreuses expéditions organisées par cette société, le voyage à travers la Géorgie musulmane (au sud-ouest) fut l'un des plus significatifs. Ayant été témoin de la suite de l'isolement forcé et l'islamisation de la région, Saint Euthyme et ses compagnons de pèlerinage acquirent un plus grand amour pour la foi de leurs ancêtres et devinrent plus fermement établis dans leur identité nationale. Bien qu'ils ne parlassent plus la langue géorgienne, les habitants de cette région reçurent le vénérable Euthyme avec un grand respect, ayant senti par son accueil et sa gentillesse qu'il venait de leur lointaine patrie.



Il n'y eut pas un seul mouvement patriotique, social ou culturel en Géorgie au cours du premier trimestre du 20ème siècle auquel saint Euthyme n'ait pas participé activement. Parmi ses autres réalisations importantes, il fut l'un des neuf professeurs qui fondèrent l'université de Tbilissi en 1918. Saint Euthyme défendit aussi vigoureusement la restauration de l'autocéphalie de l'Église orthodoxe géorgienne.



Le 11 Mars 1921, le gouvernement géorgien partit  en exil en France. Les archives gouvernementales et les trésors spirituels et culturels de la nation furent également emportées en  France pour les protéger contre le danger bolchevique. Saint Euthyme était personnellement chargé de mettre les trésors en sécurité, et lui et sa femme les accompagnèrent dans leur fuite vers la France. Saint Euthyme supporta les difficultés de la vie d'un émigrant et les horreurs de la Seconde Guerre mondiale avec héroïsme, tandis qu'il résista hardiment aux assauts de chercheurs et des collectionneurs européens et américains et aux revendications des autres émigrés géorgiens concernant leurs «souvenirs de famille».



En 1931, l'épouse de saint Euthyme, Nino, sa fidèle amie et compagne, mourut de faim. Le veuf âgé lui-même s'approcha souvent au bord de la mort par la faim, le froid et le stress, mais il ne faiblit jamais dans son devoir devant Dieu et sa Patrie-il protégea fidèlement les trésors de sa nation.



Les périls furent grands pour saint- Euthyme et les trésors qu'il protégeait: les musées britanniques et américains cherchèrent à acheter les objets nationaux géorgiens, une certaine Salomé Dadiani, veuve du comte Okholevsky, se déclara l'unique héritière du trésor national géorgien; au cours de la Seconde Guerre mondiale les nazis fouillèrent l'appartement de saint Euthyme, et même le gouvernement français revendiqua la propriété des trésors géorgiens.




Enfin, la victoire soviétique sur l'Allemagne fasciste créa des conditions favorables pour le retour des trésors nationaux à la Géorgie. Selon un accord entre Staline et de Gaulle, les trésors et leurs protecteurs fidèles furent chargés sur un avion de guerre américain et rapatriés dans leur patrie le 11 Avril, 1945. Quand il descendit finalement de l'avion et mit le pied sur le sol géorgien, saint Euthyme s'inclina profondément et baisa la terre où il se trouvait. La Géorgie accueillit son fils perdu depuis longtemps avec beaucoup d'honneur. Le peuple comblé. accueillit saint Euthyme avec soin et attention, restaura son poste de professeur universitaire, et le reconnut comme membre actif de l'Académie des sciences. Il guérit les blessures qui avaient été infligées à son cœur.

Epuisé par la séparation d'avec sa mère patrie et les malheurs de l'émigration, saint Euthyme rejoignit la société avec ses dernières forces. Mais l'Ennemi de l'humanité devint jaloux de la victoire du bien sur le mal et se leva contre l'esprit inébranlable d'Euthyme. En 1951, les tchékistes arrêtèrent sa belle-fille, Lydia Poltoratskaya. Saint Euthyme, qui à cette époque était gravement malade, fut alorst laissé sans son aide. En 1952, sans aucune explication raisonnable, il fut interdit à saint Euthyme de donner des cours à l'université qu'il avait lui-même contribué à fonder, et il fut secrètement placé en résidence surveillée. Les personnes qui l'avaient pieusement accueilli à son retour, tremblaient maintenant dans la crainte de la persécution et de la mort imminente. Beaucoup essayèrent de lui rendre visite et de soutenir saint Euthyme, mais cela leur fut interdit. Le 21 Février 1953, saint Euthyme mourut d'une crise cardiaque, et trois jours plus tard, un groupe d'une quarantaine de personnes en deuil accompagnèrent le prince vertueux à son lieu de repos éternel.

Le 10 février 1963, pour le centenaire de la naissance de saint Euthyme, son corps fut inhumé au Panthéon Didube à Tbilissi. Quand sa tombe fut découverte, il fut révélé que non seulement son corps, mais même ses vêtements et de chaussures étaient restés intacts. Les reliques de saint Euthyme furent déplacées une fois de plus, au Panthéon, à l'église de Saint- Davit des Gareji à Mtatsminda, où elles reposent actuellement.

Le corps de Nino Poltoratskaya-Taqaichvili fut rapatrié de Leville (France) et enterré à côté de saint Euthyme le 22 février 1987.

Le Saint-Synode de l'Eglise Orthodoxe Apostolique de Géorgie glorifia saint- Euthyme le 17 octobre 2002, et  le proclama joyeusement "homme de Dieu".


Ô saint Homme de Dieu Euthyme, 
qui préserva les trésors culturels 
et spirituels de la nation géorgienne 
avec la plus grande dévotion 
et qui devint une icône de l'amour, 
prie Dieu, Qui est Amour, 
d'avoir pitié de nos âmes!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006

mardi 11 février 2020

SAINT ROI MARTYR ACHOT KOUROPALATES (+829)

St. Ashot Kuropalates of Tao-Klardjeti

Mémoire le 26 janvier/11 février/ 

En l'an 786, Achot, fils d'Adarnerse, monta sur le trône de Kartli. Dès le début de son règne, il se battit farouchement pour la réunification de la Géorgie. Sa première étape consista à tirer parti de la lassitude des musulmans arabes et de les bannir de Tbilissi.
      Trois années passèrent et, sous la direction d'un nouveau dirigeant, les musulmans revigorés, commencèrent à pourchasser Achot. Le roi fut obligé de fuir après avoir tardé à prendre des mesures contre eux. L'ennemi avait de nouveau conquis Tbilissi.
      Achot fut contraint de quitter Kartli, et il partit pour Byzance avec sa famille et sa petite armée. Les réfugiés se rendirent jusques à Djavakheti dans le sud de la Géorgie et s'arrêtèrent près du lac de Paravani pour se reposer. Mais pendant qu'ils dormaient, une armée sarrasine assaillit le camp. L'armée du roi fut condamnée, mais "Dieu aidé Achot Kouropalates et sa maigre armée. Il leur donna la puissance, et ils ont vaincu un ennemi en grande supériorité numérique." Le roi fut profondément ému par l'intervention miraculeuse de Dieu et il décidé que, plutôt que de se mettre en chemin pour Byzance comme il l'avait prévu, il resterait dans la région de Chavshet-Klarjeti.
      A cette époque, le sud de la Géorgie souffrait de grandes calamités. Une épidémie de choléra intensifiait les luttes d'un peuple ravagé par un ennemi impitoyable. Très peu survécurent, mais ce reste impuissant et las accepta Achot Kouropalates comme son nouveau chef, et le roi commença tout de suite à restaurer la région.
      Achot Kuropalates restaura le château d'Artanuji, qui avait initialement été construit par le roi Vakhtang Gorgasali et plus tard ravagé par le général Arabe Marwan "le sourd". Achot fonda une ville voisine et la proclama résidence de la famille royale de Bagrationi Klarjeti. Il construisit également un église en l'honneur des saints Pierre et Paul. Comme il est écrit: "Dieu a accordé à Achot Kouropalates une grande puissance et beaucoup de victoires."
      La région de Klarjeti prit une vie nouvelle, et grâce aux efforts de saint Grégoire (Grigol) de Khandzta et ses compagnons, l'ancienne friche fut transformée en un quartier animé avec des églises, des monastères et des écoles. Les nobles géorgiens commencèrent bientôt à voyager à Klarjeti à à forger l'avenir de leur nation avec le roi Achot et les autres dirigeants qui craignaient Dieu.
     Achot Kouropalates n'était pas seulement un chef qui fit vigoureusement campagne pour l'unification de la Géorgie, c'était vraiment un homme pieux d'esprit. Avec grand honneur et joie,  il fut l'hôte du Père Grégoire de Khandzta, homme "céleste et ange terrestre." Père Grégoire bénit le royaume d'Achot et son héritage.
      À ceux qui œuvraient au monastère de Khandzta, Achot Kouropalates accorda les meilleures terres, y compris Shatberdi, pour servir de propriétés rurales, qui fournissaient la nourriture pour le monastère. Ses enfants, Adarnerse, Bagrat et Guaram plus tard, donnèrent une grande partie de leur fortune pour le renouveau des monastères dans le désert de Klarjeti. (1) 
      Mais après quelque temps, le roi Achot habituellement vertueux tomba amoureux d'une certaine femme. Il oublia son honneur, ses réalisations et sa fidélité à Dieu et la nation et l'emmena au château d'Artanuji, domaine qui avait été construit pour la reine. Saint Grégoirel, cependant, entendit parler de cette relation adultère du roi et en devint extrêmement triste.
      Il confronta le roi à son comportement, et Achot désespéré promis de quitter la femme, mais il ne pouvait se résoudre à remplir sa promesse. Alors Père Grigol l'emmena au monastère de Mere et la remis à l'higoumène, Mère Fébronie (Pebronia), sans le dire à Achot. Après avoir entendu ce qui s'était passé, le roi Achot plaida avec Mère Fébronie pour qu'elle lui rende la femme, mais l'higoumène refusa. A la longue,Achot ls'inclina devant moniale et se repentit, en disant: "Heureux l'homme qui n'est plus en vie dans ce monde. "
      Le roi redécouvrit son amour pour Dieu et pour son pays, et il se prépara à retourner à Kartli. Mais ses plans furent déjoués quand un certain guerrier musulman du nom de Khalil envahi, conquit les terres de Kartli, d'Hereti et de Kvemo Kartli.
      Achot envoya ses hommes  rassembler une armée, mais avant que les troupes n'aient été rassemblées, les Sarrasins attaquèrent et le forcèrent à fuir. Le roi se rendit ensuite à la Gorge de Nigali avec l'intention d'agrandir son armée. Certains des soldats conscrits s'avérèrent être des traîtres , et quand le roi découvrit la trahison, il était déjà trop tard. Il se caché dans une église, mais les impies le trouvèrent et le poignardèrent à mort dans le sanctuaire. "Ils l'ont assassiné sur l'autel, comme on abat un agneau de sacrifice , et son sang y reste jusque à ce jour", écrit Soumbat, le fils de David, dans son livre Vies des Bagration.
      Ainsi, le premier roi, Bagration "un croyant, par lequel l'héritage du peuple géorgien fut créé", a également été un martyr. Les Géorgiens ont pris leur revanche sur les assassins de leur roi bien-aimé. Quand le peuple de Doliskana entendit dire qu'Achot avait été tué, ils poursuivirent ses meurtriers et les tuèrent près de la rivière Tchorokhi. Le vénérable Grégoire et le peuple géorgien pleurèrent amèrement la perte de leur roi et de leur espérance. Les Les reliques de saint Achot furent enterrées dans l'église des Saints Pierre et Paul qu'il avait lui-même construite.

Ô glorieux saint martyr Acho Kouropalates, prie le Christ qui illumine les hommes de Son rayonnement, pour sauver les enfants de Son Eglise!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in




(1) უდაბნო /Oudabno en géorgien. Traduit par "désert", ces lieux déserts où les ermites et leurs demeures attiraient souvent les moines et les pieux laïcs, alors que la renommée de ces saints hommes se propagageait. Au cours des siècles, avec la fondation de nombreux monastères, ces déserts sont devenues de véritables villes et conservèrent seulement le nom de "désert" dans un sens figuré




samedi 8 février 2020

SAINT DAVID (DAVIT) IV, LE BÂTISSEUR, ROI DE GEORGIE Et D'ABKHAZETI





Mémoire le 26 janvier/8 février

   A la fin du 11ème siècle l'Eglise géorgienne a subi une épreuve aux proportions physiquement et spirituellement catastrophiques.
      Le sultan seldjoukide, Jalal al-Dawla Malik Shah (1073-1092), captura le village de Samshvilde, emprisonna son gouvernant, Jean (Ioane) Orbeliani, fils de Liparit, ravagea Kvemo Kartli (inférieur), et finalement captura toute la Géorgie, en dépit des victoires isolées du roi Georges (Giorgi) II (1072-1089). Les Géorgiens fuirent leurs maisons, craignant de se cacher dans les montagnes et les forêts.
      Tenté et profondément affligé par les temps difficiles, la nation qui avait juré un jour son amour inconditionnel pour le Christ commença à tomber dans le péché et la corruption. Les gens de tous âges et tempéraments péchèrent contre Dieu et se tournèrent vers le chemin de la perdition. Dieu manifesta sa colère envers le peuple géorgien par l'envoi d'un terrible tremblement de terre qui dévasta leurs fêtes pascales.
      En l'an 1089, au cours de cette période de désolation et de désespoir, le roi Georges II abdiqua, en désignant son fils unique de seize ans, David (Davit) (plus tard connu comme "le Restaurateur"), comme héritier du trône. Il est écrit que le Père céleste a dit: J'ai trouvé David, mon serviteur, avec mon huile sainte je l'ai oint (Ps. 88:19).
      Le nouveau roi couronné David prit sur lui une responsabilité énorme pour le bien de l'Eglise. Il appuya les efforts déployés par le Concile de Ruisi-Urbnisi pour restaurer et renforcer l'autorité de l'Eglise géorgienne et supprimer les seigneurs féodaux et ecclésiastiques vaniteux et indignes. Pendant le règne du roi David, les activités les plus importantes du gouvernement furent réalisées au profit de l'Eglise. Dans le même temps, le Concile de Ruisi-Urbnisi réaffirma le rôle essentiel de la foi orthodoxe pour sauver le peuple géorgien du bourbier impie dans lequel il avait coulé.
      Au premier rang des objectifs du roi David au début de son règne, fut le rapatriement de ceux qui avaient fui la Géorgie sous la domination turque. Le roi appela ses nobles et commença à réunifier le pays. Les efforts du roi pour réunifier la Géorgie commencèrent dans la région orientale de Kakhétie-Hereti, mais les Turcs et les seigneurs féodaux traîtres n'étaient pas disposés à céder le pouvoir qu'ils avaient acquis dans la région. Néanmoins, l'armée du roi David était dans les mains de Dieu, et les Géorgiens combattirent vaillamment contre la massive armée turque. Le roi David lui-même, se battit comme n'importe quel autre soldat: trois de ses chevaux furent tués, mais il en enfourcha un quatrième pour terminer le combat par une victoire fantastique. La présence turque fut éliminée de son pays.
      Bientôt, cependant, l'intransigeant sultan seldjoukide Mehmed (Muhammad) I de Bagdad (1105-1118) ordonna à une armée de 100.000 soldats de marcher sur la Géorgie. Quand le roi David entendit parler de l'approche de l'ennemi, il réunit immédiatement un groupe de quinze cents hommes et les conduisit vers Trialeti. Une bataille commença tôt le matin, et avec l'aide de Dieu l'ennemi fut vaincu. Simultanément, le conseiller du roi, Georges de Tchqondidi, (Giorgi Tchqondidi était le précepteur du roi David et son plus proche conseiller). Il occupa le poste de chancelier-procureur. Au Concile de Ruisi-Urbnisi, le roi David introduisit une nouvelle loi, en combinant la fonction de chancelier-procureur avec l'archevêché de Tchqondidi, épiscopat le plus influent en Géorgie.) reprit la ville de Rustavi, et en 1115, l'armée géorgienne récupéra le ravin de la rivière Mtkvari. Un an plus tard, les Turcs, qui avaient campé entre les villes de Karnipori et Basiani, furent bannis du pays. Les "grandes guerres" continuèrent, et le saint roi fut couronné de nouvelles victoires. Le fils de David Démètre  (plus tard, le vénérable Damien [Damiane]), jeune homme distingué en "sagesse, sainteté, apparence et  courage", fut un grand atout pour son père. Le prince mena une guerre contre  Shirvan, captura Kaladzori, et retourna vers son père avec des esclaves et de grandes richesses, le butin de guerre à cette époque. Un an plus tard, les villages de Lore et Agarani furent joints à la Géorgie.
      En dépit de ses victoires, le roi David savait qu'il serait difficile pour sa maigre armée de protéger les villes et les forteresses récupérés, tout en continuant à servir comme force militaire permanente. Ainsi, il devint nécessaire d'établir une armée permanente distincte. Le sage roi prévit de recruter des hommes parmi les Qiptchaks, tribu du nord du Caucase, pour former cette armée. Il connaissait bien le caractère de ces peuples, et était convaincu qu'ils étaient courageux et expérimentés dans la guerre. En outre, la femme de David, la reine Gurandukhti, était la fille d'Atrak, chef des Qipchaks. Atrak  accepta joyeusement la demande du roi son gendre.
      Comme un vrai diplomate, cherchant à maintenir des relations pacifiques avec les Qiptchaks, le roi David prit son conseiller, Georges Tchqondidi, et se rendit dans la région de l'Ossétie au Caucase du Nord. Là, Georges Tchqondidi, "conseiller de son maître et participant à ses grands travaux et victoires", reposa dans le Seigneur. Suite à cela, le roi David découragé déclara que son royaume prendrait le deuil pendant quarante jours. Mais il accomplit ce qu'il avait prévu de faire, et sélectionna 40.000 Qiptchaks à ajouter aux cinq mille soldats géorgiens qu'il avait déjà enrôlés. Dès ce moment, le roi David eut une armée permanente de 45.000 hommes.
      L'immense armée du roi éradiqua finalement en permanence la présence turque dans et autour de la Géorgie. Les Turcs vaincus retournèrent dans la honte vers leur sultan de Bagdad, drapés de noir en signe de deuil et de  défaite. Néanmoins, le sultan Mahmoud II (1118-1131), inflexible rassembla une coalition de pays musulmans pour attaquer la Géorgie. Le sultan convoqua le chef arabe Durbays bin Sadaka, ordonna à son propre fils Malik (1152-1153) de le servir, rassembla une armée de 600.000 hommes, et marcha encore une fois vers la Géorgie.
      C'était en août  1121. Avant de partir à la bataille, le roi David inspira son armée en ces termes: "Soldats du Christ! Si nous nous battons avec courage pour notre foi, nous ne vaincrons pas seulement les serviteurs du Diable, mais le Diable lui-même. Nous allons gagner la plus grande arme de guerre spirituelle quand nous ferons une alliance avec le Dieu Tout-Puissant et le vœu que nous préférons mourir pour Son amour plutôt que de fuir l'ennemi. Et si l'un d'entre nous veut faire retraite, prenons des branches et bloquons l'entrée de la gorge pour l'en empêcher. Quand l'ennemi approche, attaquons férocement! "
      Aucun des soldats ne pensait de battre en retraite. La tactique de combat superbe du roi de et les miracles de Dieu terrifièrent l'ennemi. Comme il est écrit: "La main de Dieu lui donna le pouvoir, et le mégalomartyr Georges le conduisit invisiblement dans la bataille. Le roi anéantit l'ennemi impie avec sa dextre puissante. "
      La bataille de Didgori affaiblit l'ennemi pendant de nombreuses années. L'année suivante, en 1122, le roi David repris la capitale de Tbilissi, qui avait supporté le joug de l'esclavage pendant quatre cents ans. Le roi revint de la ville à sa mère patrie. En 1123 le roi David déclaré le village de Dmanissi possession géorgienne, et donc, enfin, l'unification du pays fut complète.
      Une victoire suivit une autre, tandis que le Seigneur défendait le roi qui  glorifiait son Créateur.
      En 1106 le roi David avait commencé la construction du monastère de Gelati dans l'ouest de la Géorgie, et tout au long de sa vie, ce complexe sacré était au centre de ses efforts en faveur de la renaissance de l'Eglise géorgienne. Le monastère de Gelati était le plus glorieux de tous les temples de Dieu existants. Pour embellir le bâtiment, le roi David offrit beaucoup de grands trésors qu'il avait acquis comme butin de guerre. Puis il rassembla tous les sages, les hommes intègres, généreux et pieux parmi ses parents et ceux de l'étranger et il établit l'Académie théologique de Gelati. Le roi David aida beaucoup de gens dans les églises géorgiennes tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de son royaume. Le roi bienveillant construisit une ambulance primitive pour les malades et fournissait toutes les conditions nécessaires à leur rétablissement. Il visitait les malades, les encourageait et prenait soin d'eux comme un père. Le roi avait toujours avec lui un petit sac dans lequel il faisait l'aumône aux pauvres.
      Le roi intelligence et bien éduqué passait son temps libre à lire les Saintes Écritures et à l'étude des sciences. Il emportait même ses livres avec lui à la guerre, en sollicitant l'aide des ânes et des chameaux pour transporter sa bibliothèque. Quand il était fatigué de lire, le roi David demandait à d'autres de lire pour lui, alors qu'il écoutait attentivement. Un des biographes du roi se souvient: "Chaque fois que David finissait de lire les épîtres, il mettait un signe sur la dernière page. Au bout d'un an, nous avons compté qu'il les avait lu vingt-quatre fois. "
  Le  roi  David était aussi un écrivain exemplaire. Ses "Cantiques du repentir" sont égaux en mérite aux œuvres des plus grands écrivains de l'Eglise.
      Ce roi géorgien très vaillant, puissant et juste quitta ses héritiers par une confession brillante quand il mourut. Il rappela tous les péchés qu'il avait commis avec des lamentations profonde et implora le Dieu Tout-Puissant pour [obtenir] le pardon.
Le roi David termina son testament en 1125, et dans la même année, il  abdiqua et désigna son fils Démètre pour être son successeur. Il confia à son fils une épée, bénit son avenir, et lui souhaita de nombreuses années en bonne santé et au service du Seigneur. Le roi reposa paisiblement en Christ à l'âge de 53 ans.
      Saint David le restaurateur fut enterré à l'entrée du monastère de Gelati. Son testament fut sculpté dans la pierre de sa tombe: Ceci est mon repos pour toujours et à jamais, ici j'habiterai, car je l'ai choisie [Sion] (Ps. 131:15).

Ô Seigneur, les miracles que tu accomplis par Ton roi orthodoxe David, sont incompréhensibles aux hommes. Tu l'as glorifié pour l'Amour de Ton Nom quand ses victoires brillantes rachetèrent la terre géorgienne des infidèles sarrasins. Tu glorifias saint David par des actes miraculeux et par ces actes accorde à nos âmes grande miséricorde!



Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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